Exode 2:1-10 ; 6:20 : ” Un homme de la maison de Lévi alla prendre (pour femme) une fille de Lévi. Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu’il était beau et elle le cacha pendant trois mois. Ne pouvant plus le cacher, elle prit pour lui un coffret de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de poix ; elle y mit l’enfant et le déposa parmi les roseaux sur le bord du Nil. La sœur de l’enfant se tint à quelque distance, pour savoir ce qui lui arriverait. La fille du Pharaon descendit vers le Nil pour se baigner et ses compagnes se promenèrent au bord du Nil. Elle aperçut le coffret au milieu des roseaux et envoya sa servante pour le prendre. Elle l’ouvrit et vit l’enfant : c’était un petit garçon qui pleurait. Elle en eut pitié et dit : C’est un des enfants des Hébreux ! Alors la sœur de l’enfant dit à la fille du Pharaon : Faut-il que j’aille t’appeler une nourrice parmi les femmes des Hébreux, afin d’allaiter cet enfant pour ton compte ? Va, lui répondit la fille du Pharaon. La jeune fille alla donc appeler la mère de l’enfant. La fille du Pharaon lui dit : Emporte cet enfant, et allaite-le moi ; je te donnerai ton salaire. La femme prit l’enfant et l’allaita. Quand l’enfant eut grandi, elle l’amena à la fille du Pharaon, et celle-ci le prit pour fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l’ai retiré des eaux…. Amram prit pour femme Yokébed, sa tante : elle lui donna pour fils Aaron et Moïse. La durée de la vie d’Amram fut de 137 ans.

Yokébed a été incluse dans Hébreux 11 parmi ” la grande nuée de témoins ” dont les vies et activités ont rendu témoignage de leur foi. Elle était de la tribu de Lévi. D’Exode 6/20, nous déduisons qu’elle était plus âgée que son mari Amram, car elle était sa tante. Un tel mariage fut interdit plus tard, mais durant la période de la confusion en Egypte, ce fut permis.

C’était le temps où Pharaon ordonna que les hébreux jettent leurs fils nouveau-nés dans le Nil. Yokébed avait déjà deux enfants, Myriam ou Marie, déjà grande et Aaron, un garçon de trois ans. Elle était à nouveau enceinte.

Peut-être avait-elle prié pour ne pas l’être afin d’éviter une tragédie ou bien aurait-elle préféré que ce soit à nouveau une fille. Si c’était un garçon, il ne serait pas possible de résister à l’ordre de lui donner la mort .

Il n’est pas difficile d’imaginer la lutte intérieure qui se livra dans le cœur de Yokébed durant ces mois de grossesse. Et quand enfin elle donna le jour à cet enfant, la réponse fut : ” c’est un garçon “. Mais la douleur maternelle va transformer Yokébed en une héroïne. Elle va lutter pour son enfant. Cette décision fut renforcée par le fait de voir que l’enfant ” était beau “. (Exode 2:3, Actes 7:20 et Hébreux 11:23). Beau ? Quelle mère ne considère pas son fils comme étant beau ? Or, Actes 7 :20 ajoute quelques mots qui nous éclairent :
beau devant Dieu “.

Yokébed a compris que cette beauté venait avait quelque chose de l’autre monde, le monde céleste, resplendissant sur la face de l’enfant. Yokébed pensait que ce petit être qui reposait dans sa corbeille avait été envoyé directement par Dieu. C’était une intuition qui devinait le dessein divin. La foi s’est mêlée à l’amour et armée des deux, elle a décidé qu’elle devait sauver l’enfant à tout prix.

Nous ne savons pas comment elle a réussi à cacher l’enfant Moïse durant ses trois premiers mois. L’imagination d’une mère fait des prodiges. Mais vint bientôt le moment où l’enfant, robuste et sain, aurait attiré l’attention de quelqu’un par ses cris et ses pleurs . ” Ne pouvant plus le cacher, elle prit pour lui un coffret de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de poix ; elle y mit l’enfant et le déposa parmi les roseaux sur le bord du Nil.

Marie est restée à une courte distance pour observer. Le reste du monde le sait. Quand ce merveilleux sauvetage eut lieu : ” Mère, mère ! ” », allait-elle crier en courant vers la maison. ” une dame très importante veut que tu sois la nourrice de Moïse “.

Il est impossible de décrire avec des paroles la douleur et l’angoisse que souffrent certaines mères pour leurs enfants. La douleur de l’enfantement, voir l’enfant malade dans le berceau avec le visage brulant de fièvre, l’anxiété de l’avenir incertain qui les entoure et surtout savoir qu’elles ont mises au monde un être avec une âme et qu’elles auront à rendre compte devant Dieu de la manière dont elles les ont élevés. Mais oh, la joie de pouvoir dire, comme nous le disons de Yokébed : ” sa foi sauva l’enfant “.