Juges 4:17-24 ; 5:24-31 : «  Sisera s’enfuit à pied dans la tente de Yaël, femme de Héber, le Qénien ; car la paix régnait entre Yabîn, roi de Hatsor, et la famille de Héber, le Qénien. Yaël sortit au-devant de Sisera et lui dit : Retire-toi, mon seigneur, retire-toi chez moi, sois sans crainte. Il se retira chez elle dans la tente, et elle le cacha sous une couverture. Il lui dit : Donne-moi, je te prie, un peu d’eau à boire, j’ai soif. Elle ouvrit l’outre à lait, lui donna à boire et le recouvrit. Il lui dit (encore) : Tiens-toi à l’entrée de la tente ; si quelqu’un vient te questionner en disant : Y a-t-il ici quelqu’un ? Tu répondras : Non. Yaël, femme de Héber, saisit un pieu de la tente, prit en main le marteau, s’approcha de lui doucement et lui planta dans la tempe le pieu, qui pénétra en terre. Il était profondément endormi, accablé de fatigue, et il mourut. Comme Baraq poursuivait Sisera, Yaël sortit à sa rencontre et lui dit : Viens, je te montrerai l’homme que tu cherches. Il entra chez elle et vit que Sisera était tombé mort, le pieu dans la tempe. En ce jour-là Dieu humilia Yabîn, roi de Canaan, devant les Israélites. La main des Israélites s’appesantit de plus en plus sur Yabîn, roi de Canaan, jusqu’à ce qu’ils aient exterminé Yabîn, roi de Canaan. Bénie soit entre les femmes Yaël, Femme de Héber, le Qénien !….Bénie soit-elle entre les femmes (qui habitent) sous la tente ! Il demanda de l’eau, elle a donné du lait ! Dans la coupe d’honneur elle a présenté de la crème. D’une main elle a saisi le pieu, Et de sa droite le marteau des travailleurs ; Elle a martelé Sisera, lui a fendu la tête, Fracassé et transpercé la tempe. Aux pieds (de Yaël) il s’est affaissé, Il est tombé, il s’est couché A ses pieds il s’est affaissé, il est tombé ; Là où il s’est affaissé, là il est tombé raide mort. Du haut de la fenêtre, à travers le treillis, La mère de Sisera regarde et s’exclame : Pourquoi son char tarde-t-il à venir ? Pourquoi ses chars vont-ils si lentement ? Les plus sages d’entre ses suivantes lui répondent, Et elle s’adresse à elle-même ces paroles : Ne trouvent-ils pas du butin ? Ne le partagent-ils pas ? Une fille, deux filles par tête de guerrier, Du butin en vêtements de couleur pour Sisera, Du butin en vêtements de couleur, brodés, Un vêtement de couleur, deux vêtements brodés, Pour le cou du vainqueur. Périssent ainsi tous tes ennemis, Éternel ! Ceux qui l’aiment sont comme le soleil, Quand il paraît dans sa force. Le pays fut tranquille pendant quarante ans.  »

Yaël nous rappelle Judith de Betulia qui enfonça une épée dans le cou d’Holofernes pendant qu’il dormait.
Yaël était l’épouse de Héber, le Qénien. Les Qéniens n’étaient pas de véritables israélites mais des descendants de l’épouse de Moise. Comme ils étaient un peuple nomade, ils vivaient dans des tentes. A l’époque de Deborah, leur campement se trouvait au pied du mont Tabor. Ces tentes étaient situées près de l’endroit où Barak et Déborah avaient détruit l’armée de Jabîn avec ses 900 chars de fer.

Jabîn avait permis aux Qéniens de siéger sur son territoire car il s’attendait à ce qu’ils se rallient à lui contre les israélites. Mais Jabin se trompait, car les Qéniens se placèrent du côté d’Israël.

Yaël se considérait aussi comme une alliée d’Israël. Elle se réjouit lorsqu’elle sut que Barak avait vaincu Sisera. Yaël obtint pour elle l’honneur que Barak aurait désiré pour lui. De sa propre main, comme un jugement de Dieu, Sisera, le cruel oppresseur d’Israël, fut cloué en terre au moyen d’un pieu qui lui traversa les tempes. Nous avons lu en Juges 4/9 que Déborah avait dit à Barak : «  mais tu n’auras pas de gloire dans la voie où tu t’engages, car l’Éternel vendra Sisera aux main  ». C’est pour cela que Déborah, dans son cantique, entonne des louanges à Yaël : «  Bénie soit-elle entre les femmes (qui habitent) sous la tente !  »

Disons au passage que les commentateurs sont unanimes pour affirmer que Yaël a tué Sisera non par impulsion personnelle, mais parce que le zèle pour l’Eternel animait sa main. Cela ne signifie pas que son action puisse être comparée à celle de David lorsqu’il tua Goliath, car cela, il l’a fait en face. Dieu a aidé David. Yaël ne pouvait pas se confier de la même manière en Dieu. Bien qu’elle se soit sentie poussée à éliminer un ennemi reconnu de Dieu et de son peuple, il lui manquait la foi que Dieu l’aiderait et c’est pour cela qu’elle a attaqué Sisera en traître.

Le récit de Juges nous dit qu’après lui avoir parlé de lui offrir la sécurité dans sa tente, elle l’a recouvert d’un manteau, lui a donné à boire du lait et elle se résolut à garder la porte de la tente pour découvrir quiconque serait à la recherche de Sisera. Au lieu de faire cela, elle prit un pieu et avec une masse, s’approcha de Sisera silencieusement et lui enfonça le pieu dans les tempes et le laissa cloué dans le sol.

Yaël a tué Sisera comme un assassin tuerait sa victime, pas comme un champion du Seigneur détruirait les ennemis. Il est bon d’avoir du zèle pour Dieu, mais il n’est pas possible de faire l’éloge du moyen utilisé par Yaël.