Genèse 25:1-6 : «  Abraham avait pris une autre femme nommée Qetoura dont il eut plusieurs fils : Zimrân, Yoqshân, Medân, Madian, Yishbaq et Shouah. Yoqshân fut le père de Saba et Dedân. De ce dernier descendent les Ashourim, les Letoushim et les Leoumim. Madian fut le père d’Epha, d’Epher, d’Hénoc, d’Abida, et d’Eldaa. Tous ceux-là sont les descendants de Qetoura. Abraham donna tout ce qui lui appartenait à Isaac. Il fit des donations aux fils qu’il avait eus par ses épouses de second rang ; mais, de son vivant, il les éloigna de son fils Isaac en les envoyant dans un pays d’Orient  »

1 Chroniques 1:32-33 : «  Fils de Qetoura, concubine d’Abraham : Elle enfanta Zimrân, Yoqchân, Medân, Madian, Yichbaq et Chouah. — Fils de Yoqchân : Saba et Dedân. Fils de Madian : Épha, Épher, Hénok, Abida et Eldaa. — Tous ceux-là sont fils de Qetoura.  »

A la mort de Sara, le patriarche de Mamré resta veuf. Cela faisait longtemps qu’Agar avait fui dans le désert de Madian. Après le mariage d’Isaac avec Rebecca, le fils avait quitté le toit paternel. Ces changements laissèrent Abraham seul et cela le conduit à se remarier, cette fois, avec Qetoura.

Qetoura lui donna six fils : Zimrân, Yoqshân, Medân, Madian, Yishbaq et Shouah. Cela semble bizarre quand on se souvient qu’Abraham avait environ 140 ans quand Isaac s’est marié. Cela est seulement incompatible avec le cours normal des évènements. C’est pour cela que certains disent que c’est un conte de fées. D’autres commentateurs disent que Qetoura était la concubine d’Abraham bien avant.

Cependant, c’est impossible. D’abord parce qu’il est écrit : ” Abraham avait pris une autre femme “, ce qui suggère un ordre chronologique des évènements. En second lieu : si Abraham avait déjà six enfants avant Agar et le sacrifice de Morija, la chose serait incompréhensible puisque la Bible dit qu’il a failli sacrifier son fils unique, Isaac.

L’utilisation du mot concubine indique seulement que cette femme n’avait pas tous les privilèges et les droits que Sara avait eus et la preuve en est qu’elle n’a pas eus les mêmes droits héréditaires pour ses fils. S’agissant du fait qu’Abraham ait engendré à cet âge, nous devons nous souvenir que sa virilité avait été restaurée miraculeusement par la naissance d’Isaac et nous devons croire que cela a persisté jusqu’à sa mort. C’est une part de la promesse selon laquelle sa semence serait multipliée comme le sable de la mer et comme les étoiles. Nous n’allons pas davantage nous arrêter sur ce fait. Ce qui nous intéresse, c’est que par le mariage ; Qetoura est devenue l’épouse d’Abraham.

L’exemple du patriarche n’est naturellement pas une norme de conduite. Il est curieux que Qetoura soit la première femme qui est mentionnée comme étant disposée à se marier avec un homme qui le faisait pour la deuxième fois. Cela n’implique pas la censure pour Abraham et Qetoura. En réalité, ce fut une bénédiction qu’il ait eu tant de fils, ce qui contribua à l’accomplissement de la promesse faite à Abraham. Il convient de souligner qu’en ces temps-là, la stérilité féminine n’était pas rare. Souvenez-vous que Sara, Rebecca et Léa ont eu très peu d’enfants. Il y a quelque chose de sympathique dans l’idée que le vieux patriarche se soit vu entouré de l’amour d’une femme dans son âge avancé et par tout un cercle d’enfants.

C’est pour cela que Qetoura nous est présentée comme un type différent d’épouse, pas comme une jeune femme qui consacre sa vie à son mari avec tendresse. Pas comme une épouse qui est, jusqu’à un certain point, indépendante dans sa propre tente, mais comme une épouse qui prend soin d’une personne âgée. Cela implique la dévotion qui mêle l’affection de d’épouse avec celle d’une mère. Elle est comme la grande fille qui prend soin du père.

Il ne s’agit pas d’une relation romantique. Elle ne représente pas un mariage idéal. Mais c’est un mariage dont la passion n’est pas véhémente mais acquiert des qualités hautement éthiques. Naturellement, nous ne savons pas jusqu’à quel point Qetoura aimait Abraham étant donné sa particulière vocation et si elle partageait sa foi.
Mais nous pouvons dire qu’elle occupe une position particulière en tant qu’épouse d’un homme dont c’est le second mariage ; En aucune manière ce second mariage n’est interdit par le Seigneur. Il n’est pas un obstacle à la relation qu’il aura dans le ciel, comme dit le Seigneur aux Sadducéens. Nous savons bien que les saints sont unis par le mariage, mais nous savons bien qu’ils sont surtout frères et sœurs en Christ. Dans le ciel, les saints vivront comme les anges de Dieu.

Il ne s’agit pas d’un mariage de convenances ou comme on dit aujourd’hui « d’union des ressources » ou d’un tout autre arrangement pour des raisons superficielles. Il y a une sincère dévotion mutuelle. Il y a une consécration de cette qualité qui fait se combiner l’amour avec le désir saint d’être une aide pour celui qui se trouve seul et solitaire.