Manifester l’esprit de l’Avocat

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En tant que Chrétiens, nous sommes appelés à être séparés, différents du monde car « nous sommes de Dieu, mais le monde entier est sous la puissance du Malin » (voir 1 Jean 5/19) :

Apoc 18/4 : « Sortez du milieu d’elle, membres de mon peuple, afin de ne pas participer à ses péchés et de ne pas être frappés avec elle des fléaux qui vont l’atteindre. »

1 Pierre 2/11 : « Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme. »

Plus encore, nous sommes appelés à représenter Dieu sur la Terre : c’était le ministère de Jésus lorsqu’Il était sur la Terre (voir Hébreux 10/7, Jean 10/32 et 37, Jean 15/15…), et c’est maintenant celui de l’Église, grâce au Saint-Esprit que Jésus nous a envoyé :

2 Corinthiens 5/20 : « Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ »

J’aimerais insister sur une chose en particulier qui doit nous caractériser en tant que représentant de Christ : c’est l’esprit de l’Avocat.

  • Le monde d’aujourd’hui est en effet malade à cause d’un manque cruel d’amour et de grâce et d’un esprit d’accusation omniprésent:

 On le voit autour de nous : dans beaucoup de conversation au bureau, dans la rue, dans les médias, on entend des gens se plaindre et dire du mal des autres, des gens qui jugent et condamnent sans cesse… dans les foyers, des maris accusent leurs épouses et des femmes leurs maris, des adolescents accusent leurs parents et même des parents leurs enfants. Au lieu de chercher à se comprendre, à s’accepter et à s’aimer : on accuse l’autre.

Au niveau international ou au sein même de notre pays, les gens se déchirent à cause de l’appartenance à un mouvement politique, à un groupe quelconque, une nationalité, à une couleur ou à une religion : les hommes livrés à eux-mêmes ne cessent d’accuser et d’attaquer l’autre, sans fin.

Tout cela est clairement l’œuvre de l’Adversaire. La Bible appelle d’ailleurs le Diable « l’Accusateur » Apocalypse 12 :10 : « il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. ».

C’est là l’activité principale de Satan et, à chaque fois qu’on le voit dans l’Écriture, il y a une œuvre d’accusation (sauf lorsqu’il va tenter Jésus dans le désert, car il ne peut s’appuyer sur rien pour l’accuser) :

Genèse 3 :12-13 : « L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. Et l’Éternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé. »

=> à cause de son péché, l’homme accuse la femme, ainsi d’ailleurs que Dieu lui-même (« la femme que tu m’as donnée »), et la femme accuse le serpent, le diable qui l’a tenté.

Job 1 :7-11 et 2 :3-5 : Satan accuse Job de ne craindre Dieu que de manière intéressée, à cause des bénédictions qu’Il donne, et les « amis » de Job, au lieu de compatir et de l’encourager l’accuseront de ne pas être intègre devant Dieu à cause des malheurs qui le frappe. Dieu leur répondra : « Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n’avez pas parlé de moi avec droiture » (Job 42/7).

Jean 8 :1-6, 19 et 44 : Les religieux de l’époque (les pharisiens) accusaient Jésus, et Jésus va finir par leur dire qu’ils ont pour père le diable « Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser » => « Vous ne connaissez ni moi, ni mon Père » « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. »

Nous devons y prendre garde car même au sein de l’Église, on voit cet esprit actif et créer des divisions : il est facile de se plaindre les uns des autres, dans les différents services, au lieu de s’encourager et de se donner la main d’association… c’est malheureusement valable au sein de l’église locale comme entre les frères des différentes dénominations évangéliques (je ne parle pas ici d’œcuménisme ni de faire des compromis sur la doctrine du salut, mais lorsque des frères travaillent pour le Seigneur, notamment dans l’évangélisation, il est  bien de leur donner la main d’association).

Jésus dit au contraire dans Luc 6/37-38 : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde ; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis. »

Jacques 5/9 nous mets également en garde : « Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés : voici, le juge est à la porte ».

2) Car en effet, l’Esprit de Jésus est aux antipodes de cet esprit de l’accusateur :

1 Jean 2/1 : « Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. »

=> l’Esprit de Jésus, c’est l’esprit de l’Avocat, et en tant qu’ambassadeurs de Jésus, c’est cet esprit que nous devons refléter !

Il n’est pas question d’excuser le péché, mais d’amener le pécheur à la repentance avec l’amour de Dieu, et de pardonner à nos frères qui sont justes devant Dieu, comme Dieu nous a pardonné en Jésus-Christ :

La Bible dit dans les Proverbes 17 :15 : « Celui qui absout le coupable et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination à l’Éternel ».

C’est un verset fort, qui me parle car il nous montre notre responsabilité de ne pas donner de fausse sécurité au pécheur : s’il ne se détourne pas de son péché, il sera condamné par Dieu et nous pourrions avoir à rendre compte de son sang.

Mais il nous dit aussi que Dieu a également en abomination le fait d’accuser et de condamner ceux qui, comme nous, ont été justifiés par Dieu.

=> Qui est suffisant pour ces choses ? Heureusement que nous avons un Avocat auprès du Père, et que Dieu nous voit maintenant parfaitement juste au travers du sang de Jésus-Christ mort pour nous !

Car que dit Dieu de Son peuple ?

 Nombres 23 :21 : « Il n’aperçoit point d’iniquité en Jacob, Il ne voit point d’injustice en Israël ; L’Eternel, son Dieu, est avec lui, Il est son roi, l’objet de son allégresse. » et pourtant ce peuple avait fait le veau d’or, ne cessait de murmurer, venait de se rebeller deux fois contre Moïse et Aaron et plusieurs étaient morts par les serpents brûlants (chapitres 20 puis 21) et peu après il couchera avec des filles de Moab, ce que Dieu leur avait interdit (chap. 24).

Mais Dieu ne voyait pas de péché en Son peuple, parce qu’il était couvert par le sang du sacrifice ! Comme Il ne voit pas de péché dans l‘Eglise d’aujourd’hui, parce que nous sommes couverts par le sang de Jésus-Christ (voir Hébreux 9/11-12).

Colossiens 3/12-14 : « Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Et, par-dessus tout cela, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien par excellence ».

Je note dans mon petit carnet les prophéties à portée générale que Dieu donne à son Église le dimanche matin, l’une d’elle disait, le 13 décembre dernier : « Revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, car la miséricorde est ce qui permet aux hommes de travailler ensemble, malgré les différences et les difficultés ».

=> Dieu nous appelle à manifester Son amour et Sa grâce les uns envers les autres, dans l’Église comme dans nos familles, à notre travail et pour tous ceux qui nous entourent, comme nous l’avons-nous-même expérimenté de Lui.

Car, si nous n’avons pas l’amour, nous ne sommes rien « qu’un airain qui résonne, qu’une cymbale qui retenti » (voir 1 Corinthiens 13).

Ephésiens 4/32 à 5/2 : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. Devenez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans l’amour, à l’exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous ».

1 Jean 4/7-11 : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.

L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. »

3) Alors pourquoi est-il parfois si difficile de manifester cet esprit de miséricorde ?

Je vais faire un peu de psychologie, mais de psychologie biblique. Pour manifester l’amour et la grâce de Dieu, il est d’abord nécessaire de croire et d’accepter la grâce et l’amour inconditionnel de Dieu pour nous :

Luc 7/47 : En parlant d’une femme de mauvaise vie à un homme religieux, Jésus dit : « c’est pourquoi je te le dis : ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, c’est pour cela qu’elle m’a témoigné tant d’amour. Mais celui qui a eu peu de choses à se faire pardonner ne manifeste que peu d’amour ! »

Jésus ne dit pas ici qu’il des gens plus ou moins coupables aux yeux de Dieu. De nombreux versets de la Bible disent que nous sommes tous extrêmement condamnables aux yeux de Dieu, et le plus juste d’entre les hommes ne peut mériter le Ciel car même notre justice est comme un vêtement souillé devant la Sainteté parfaite de Dieu (voir notamment Romains 3/23 et Esaïe 64/6 : « Nous sommes tous comme des impurs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent. »)

Mais ce que Jésus dit ici, c’est que celui qui ne réalise pas ou n’accepte pas que Dieu l’aime et lui pardonne chaque jour beaucoup ne peut pas manifester beaucoup d’amour et de miséricorde.

L’esprit de condamnation des autres vient souvent de l’absence de repos de notre âme, à cause de la crainte du jugement ou du lendemain, à cause de notre incrédulité, même occasionnelle, envers l’amour de Dieu pour nous et le pardon total de nos péchés dès lors que nous nous en repentons.

1 Jean 4/16 : « Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde : c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement.

La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. »

1 Jean 5/4 : « et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. »

 

Conclusion : Que le Seigneur ouvre nos yeux sur le fait que nous ne méritons rien par nous-même, et fasse grandir notre foi pour que nous nous reposions pleinement dans la grâce et l’amour de Dieu pour nous. Alors nous manifesterons cet amour et cette grâce autour de nous, dans l’Église et dans le monde.

C’est un défi pour l’Église d’aujourd’hui, à une époque où l’amour du plus grand nombre s’est refroidit, et où Jésus a demandé s’Il trouverait encore la foi sur le Terre (voir Luc 18/8).

Soyons pour notre part, par nos paroles et notre conduite, de ceux qui guérissent au lieu de blesser, de ceux qui assemblent au lieu de disperser, de ceux qui ont un esprit doux et paisible, ce qui est d’un grand prix devant Dieu au lieu d’être remplis d’amertume, de ceux qui donnent avec libéralité au lieu de retenir, de ceux qui bénissent au lieu de dire du mal.

Ne manifestons pas l’esprit de l’accusateur, mais celui de l’Avocat !