Introduction

Les problèmes que traite 1 Corinthiens 7 semblent être surgis, pour au moins une partie, d’une crise que Paul appelle « les temps difficiles qui approchent » (verset 26). Cela pouvait concerner un temps de persécution et la menace de davantage de problèmes à venir. En ces circonstances, les gens doivent-ils rester célibataires ? Les conjoints doivent-ils vivre comme s’ils n’étaient pas mariés ? Et qu’en est-il des chrétiens dont les conjoints sont inconvertis ? Doivent-ils se séparer d’eux ? Paul écrit dans des conditions singulières, mais les principes qu’il enseigne au sujet de l’amour et de la consécration dans le mariage transcendent les barrières du temps.

I. La relation conjugale (1 Corinthiens 7/1-6)

« Pour ce qui concerne les choses dont vous m’avez écrit, je pense qu’il est bon pour l’homme de ne point toucher de femme. Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. Je dis cela par condescendance, je n’en fais pas un ordre. »

A. Eviter les chutes morales

Au chapitre 7, Paul fait quelques déclarations singulières que nous ne trouvons dans aucune autre de ses épîtres. Au verset 10, il laisse entendre que ce qu’il dit est un commandement du Seigneur. Cependant, aux versets 12, 25 et 40, il dit qu’il a ainsi exprimé son propre jugement sans révélation divine sur la question du moment, mais les versets 35 et 40 nous donnent l’impression (bien que Paul ait parlé avec modestie), qu’il croyait exprimer la pensée de Dieu.

Pourquoi peut-on croire que Paul fut divinement inspiré même dans les déclarations où il disait qu’il s’agissait de sa propre interprétation ?

Il semble que quelques-uns à Corinthe étaient arrivés à la conclusion qu’à cause des temps difficiles, une personne célibataire devait demeurer sans se marier. Au premier verset, Paul dit clairement que personne ne devait considérer comme peu ceux qui choisissaient le célibat. Le célibat est « bon » et ne doit pas être critiqué.
Cependant, les détestables conditions morales qui environnaient ces gens augmentaient la pression pour commettre des péchés sexuels et il était plus facile aux gens mariés qu’aux célibataires d’éviter la tentation du péché sexuel. La fornication n’est pas une affaire à prendre à la légère. Paul déclare qu’il s’agit d’un péché qui doit être évité (verset 2). Le sexe est un cadeau de Dieu dont on doit jouir seulement dans le cadre du mariage. La relation monogame est la seule acceptable : « que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. » (verset 2).

B. Le précieux don de Dieu

Paul n’a pas placé davantage de responsabilité sur un conjoint plus que l’autre. Le respect et la considération doivent être mutuels. Ils doivent remplir leurs devoirs conjugaux mutuellement (verset 3).
L’apôtre reconnaissait que la relation physique dans le cadre du mariage est ordonnée par Dieu. Il veut dire, lorsqu’il déclare que les deux seront « une seule chair » (Genèse 2/24), que ni l’époux ni l’épouse n’ont le contrôle exclusif de leur corps. Le corps de chacun d’entre eux appartient à l’autre selon le plan de Dieu pour le couple (verset 4).
Le verset 5 suggère que certains dans l’église croyaient qu’ils devaient pratiquer l’abstention de plaisir sexuel bien que mariés. Paul donne des avertissements contre cette pratique puisque le conjoint qui se refusait privait l’autre de ses droits conjugaux normaux.

Le temps de la prière et du jeûne atteint-il son but si seulement l’un des conjoints le désire ?

Il peut y avoir une occasion où les deux sentent qu’ils doivent se livrer à un temps de jeûne et de prière pour lequel l’abstinence sexuelle est peut-être convenable, mais même dans ces conditions, leur abstinence doit être seulement « pour un temps ». Les relations conjugales normales doivent reprendre après que le couple a accompli son devoir dans un temps spécial de prière et de jeûne. Par ailleurs, l’un ou l’autre peuvent tomber dans la tentation.
Au verset 6, Paul les assure qu’il n’essaye pas d’envahir l’intimité de leur vie conjugale ni de contrôler tout ce qu’ils faisaient. Il ne les commandait pas mais il leur présentait un catalogue utile des problèmes pour lesquels ils avaient besoin de solutions.
Le plan de Dieu pour le mariage ne donne pas lieu à des relations hors du mariage, ni même aux coquetteries. Dans les liens saints du mariage, Dieu permet qu’on jouisse du sexe. Par son usage indu, l’homme pécheur ôte le mystère et la beauté du sexe, en le faisant apparaître bon marché et insignifiant. Hors du mariage, le sexe devient une force destructrice. Dans le cadre du mariage, il renforce la relation entre les époux, en leur permettant de participer à l’expérience qui consiste à devenir « une seule chair » selon ce qu’enseignent les Ecritures (Genèse 2/24 ; Marc 10/7,8).

II. La responsabilité matrimoniale (1 Corinthiens 7/7-16)

« Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. A ceux qui sont mariés, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari (si elle est séparée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, ce n’est pas le Seigneur, c’est moi qui dis : Si un frère a une femme non-croyante, et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la répudie point ; et si une femme a un mari non-croyant, et qu’il consente à habiter avec elle, qu’elle ne répudie point son mari. Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le frère ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. Si le non-croyant se sépare, qu’il se sépare ; le frère ou la soeur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix. Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? »

A. Le conseil sage

Paul enseigne que, ni le célibat ni le mariage ne sont obligatoires. Chaque individu doit décider pour lui-même.
Pour Paul, qui avait souffert de beaucoup de difficultés en tant qu’apôtre voyageur, le mieux était d’être célibataire. La vie de célibataire avait ses avantages et Paul désirait que tous en profitent comme lui. Cependant, il reconnaît que le fait de rester célibataire ne sera pas le désir de toute individu. Par son intuition spirituelle, il savait que Dieu donne à certains chrétiens la capacité spéciale de demeurer célibataires, peut-être parce que leur service envers lui peut être plus efficace s’ils sont célibataires. Cela fut sans doute le cas de Paul. Toutefois, il savait que tous n’avaient pas reçu cet appel.

Qu’a voulu dire Paul avec cette expression : « mieux vaut se marier que de brûler ? »

Paul n’a pas ordonné aux célibataires et aux veuves de ne pas se marier. Il dit qu’il serait mieux qu’ils demeurent sans se marier, sans doute en raison de l’incertitude que « les temps difficiles qui s’approchent ” occasionneraient (verset 26). Cependant, il faisait face aux réalités de la nature humaine, en reconnaissant les fortes impulsions physiques que peuvent représenter les sérieuses tentations pour le célibataire. Si un individu a des difficultés pour contrôler ses passions, il doit se marier, dit Paul. Cela vaut mieux que de « brûler » avec l’intensité du désir insatisfait (verset 9).

B. Sauver le foyer

Dans l’église de Corinthe, il y avait des couples chez lesquels un conjoint était sauvé tandis que l’autre ne l’était pas. A cause du commandement de Paul en 2 Corinthiens 6/14, il semble qu’il n’aurait pas permis qu’un croyant se marie avec un incrédule, mais là il parle de mariages dans lequel un conjoint est converti et pas l’autre. Paul commence son enseignement par un commandement venant du Seigneur, pas seulement son opinion personnelle :
” Que la femme ne se sépare pas de son mari… et que le mari n’abandonne pas sa femme ” (versets 10,11).
Conscient que certaines épouses chrétiennes puissent croire qu’elles ne pouvaient rester avec leurs époux païens, Paul dit que si il les quittait, elles devraient rester sans se marier à nouveau et essayer de se réconcilier. La même règle s’applique aux époux chrétiens qui se séparent de leurs épouses incrédules. Sauver le mariage doit être le plus important.
Dans le reste du passage, Paul dit qu’il exprime son raisonnement propre et non pas un commandement direct du Seigneur (bien qu’il semble clairement exprimer la volonté de Dieu).
Il est probable qu’il y ait eu des cas où le païen était content de continuer dans le mariage, en rendant le chrétien responsable du fait de demeurer ensemble. Paul s’adresse clairement aux deux conjoints : « qu’il ne l’abandonne pas…qu’elle ne l’abandonne pas » (versets 12,13).

Comment un chrétien sanctifie t-il son conjoint qui n’est pas sauvé ?

Au verset 14, Paul rappelle au peuple de Dieu que le conjoint sauvé aura une influence spirituelle sur l’autre. Si le mariage se termine, cette influence aussi prendra fin. Il rappelle aux gens mariés qu’ils ont un impact spirituel sur leurs enfants et une influence sanctifiante sur eux. Bien que l’un des parents soit encore païen, les enfants reçoivent la bénédiction parce que l’un de leurs parents sert le Seigneur.
Paul savait aussi qu’il y aurait des cas où l’incrédule serait tellement déterminé à partir que le chrétien ne pourrait rien faire pour l’éviter. Si on obligeait le païen à demeurer dans le mariage, le résultat serait une confusion interminable. Si le chrétien avait essayé sincèrement d’éviter la séparation, il ne devait pas se sentir mal si l’autre partait quand même. Cependant, le chrétien de devait pas initier la séparation si le compagnon incrédule désirait demeurer dans les liens du mariage. L’espérance subsistait qu’en maintenant le foyer uni, le chrétien pourrait voir un jour l’autre conjoint venir à Christ (verset 16).
En ces jours de divorce facile, on a besoin de replacer un accent renouvelé sur l’enseignement de Paul. La réconciliation, pas un mariage brisé, doit toujours être l’objectif. Le chrétien ne doit pas cesser de prier pour le salut de son conjoint. Les effets du divorce sur les enfants doivent être considérés. Le divorce crée des cicatrices profondes et émotionnelles chez tous ceux qui le vivent. Il ne faut pas être attristés que Dieu haïsse le divorce ! (Malachie 2/16).

III. Les priorités spirituelles (1 Corinthiens 7/25-35)

« Pour ce qui est des vierges, je n’ai point d’ordre du Seigneur ; mais je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur miséricorde pour être fidèle. Voici donc ce que j’estime bon, à cause des temps difficiles qui s’approchent : il est bon à un homme d’être ainsi. Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à rompre ce lien ; n’es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas une femme. Si tu t’es marié, tu n’as point péché ; et si la vierge s’est mariée, elle n’a point péché ; mais ces personnes auront des tribulations dans la chair, et je voudrais vous les épargner. Voici ce que je dis, frères, c’est que le temps est court ; que désormais ceux qui ont des femmes soient comme n’en ayant pas, ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux qui usent du monde comme n’en usant pas, car la figure de ce monde passe. Or, je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur ; et celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme. Il y a de même une différence entre la femme et la vierge : celle qui n’est pas mariée s’inquiète des choses du Seigneur, afin d’être sainte de corps et d’esprit ; et celle qui est mariée s’inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari. Je dis cela dans votre intérêt ; ce n’est pas pour vous prendre au piège, c’est pour vous porter à ce qui est bienséant et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction. »

A. Tenez en moindre estime les choses terrestres

Paul continue à écrire en pensant « aux temps difficiles qui approchent ». Les temps allaient devenir plus difficiles. Il voulait que les chrétiens Corinthiens utilisent les situations qui viendraient avec le moins de distractions et de difficultés possibles. Au verset 25, il fait allusion à une question reçue concernant le fait que les jeunes célibataires doivent ou non se marier. Aux versets suivants, il dit qu’il n’y a pas de mal à ce qu’ils se marient, mais en tenant compte de la condition présente, sachant qu’ils s’éviteraient beaucoup de problèmes en demeurant célibataires.
Le temps pour travailler pour le Seigneur était court (verset 29) et les conditions problématiques qui environnaient le peuple de Dieu rendaient chaque fois plus difficile leur service chrétien.
Le conseil de Paul à tous était de ne rien changer à leur situation présente. S’ils étaient célibataires, il seraient mieux qu’ils demeurent ainsi. S’ils étaient mariés, ils ne devaient pas penser à se séparer. Que la vie apporte de la tristesse ou de la joie, des richesses ou de la pauvreté, ces choses ne doivent pas être prises en compte lorsqu’il s’agit de l’unité du couple (verset 30). Le verset 31 dit que les choses et les possessions terrestres doivent être tenues en basse estime. Jamais nous ne devons nous y attacher, car tout ce que nous voyons autour de nous aura une fin.

Comment pouvoir être sûr que les possessions matérielles n’acquièrent pas trop d’importance pour le croyant ?

B. Dieu est le premier

Dans certains cas, comment le couple peut-il augmenter les problèmes de l’individu lors d’une crise qui se déroule dans leur environnement ?
Dans les versets 32-35, Paul a fait face au fait indéniable que le mariage amène des responsabilités que le célibataire n’a pas. Les célibataires pouvaient aborder les jours difficiles qui s’approchaient avec moins d’anxiété que ceux qui avaient des obligations familiales. Au verset 35, l’apôtre les assure qu’il ne leur écrit pas ces choses pour les placer dans des liens d’esclavage. Il veut juste les aider à servir le Seigneur « sans aucune entrave ».
Bien que son enseignement doive être considéré à la lumière d’une situation locale, Paul nous a laissé un principe qui s’applique aux chrétiens en toute situation. Il est bien que les conjoints essayent de se faire plaisir, mais sans sacrifier l’obéissance au Seigneur. La consécration à Dieu doit venir en premier. Le servir ne doit jamais prendre la seconde place après une autre relation. Si nous mettons le Seigneur en premier, nos relations avec tous les autres seront améliorées.

Conclusion

Le mariage n’est pas une institution inventée par les humains. Dieu a voulu que le mariage soit permanent, pas une expérience qu’on puisse abandonner si l’un ou l’autre n’est pas satisfait. Les raisons frivoles pour lesquelles les gens divorcent souvent ne sont pas acceptables aux yeux de Dieu mais elles vont à l’encontre des Ecritures et provoquent beaucoup de douleur et de chaos dans la vie.
Les deux conjoints sont responsables du succès du mariage. Ils doivent respecter leurs sentiments et droits mutuels. Ils ne doivent jamais oublier le concept « une seule chair » dans le cadre du mariage que Dieu a lui-même établi au commencement. Le mariage est plus qu’un contrat légal. Il unit deux personnes spirituellement, émotionnellement et physiquement. Quand les deux conjoints servent Dieu, leur relation mutuelle est rendue plus précieuse. L’abandon est le mot-clé dans le mariage. On accepte les responsabilités et on fait les adaptations nécessaires. Le mariage saint est pour toute la vie.