4 REGARDS QUE LE SEIGNEUR PORTE SUR LES CROYANTS

Pasteur Philippe CLAEYS (ADD de Jumet, Belgique)

 

Introduction : On dit que le regard est la fenêtre de l’âme, qu’il parle parfois plus qu’autre chose. Un regard peut en effet édifier, consoler, encourager comme il peut aussi apeurer ou inquiéter.

Dieu nous regarde tous.

Job 34/21-23 “car Dieu observe la conduite de l’homme, et il a les regards sur tous ses faits et gestes.  Car il n’y a pour lui aucune obscurité, pas d’épaisses ténèbres où pourraient se cacher les artisans du mal. Oui, Dieu n’a pas besoin d’épier longtemps un homme pour le faire assigner devant lui en justice.”

I – Le 1er regard : le regard d’amour

Comme il partait, un homme accourut, se jeta à genoux devant lui et lui demanda : – Bon Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ?  – Pourquoi m’appelles-tu bon ? lui répondit Jésus. Personne n’est bon, sinon Dieu seul.  Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre ; ne commets pas d’adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.  – Maître, répondit l’homme, tout cela je l’ai appliqué depuis ma jeunesse.  Jésus posa sur cet homme un regard plein d’amour et lui dit : – Il ne te manque qu’une chose : va, vends tout ce que tu possèdes, donne le produit de la vente aux pauvres et tu auras un capital au ciel. Puis viens et suis-moi. En entendant ces paroles, l’homme s’assombrit et s’en alla tout triste, car il était très riche.” (Marc 10/17-22)

Jésus connaît notre misérable condition, nos faiblesses, nos infirmités, nos empêchements. Il n’aime pas le péché mais il aime le pécheur. Il voulait sauver le jeune homme riche, répondre à son besoin fondamental. Il a posé la bonne question : “ Bon Maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ? “.

Nous avons besoin d’être aimés. Or, Dieu n’a rien épargné, pas même Jésus, pour que nous soyons sauvés : ” Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères.” (1 Jean 3/16).

Le meilleur pour nous est de nous placer sous l’autorité de Jésus ” vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ” (Jean 15/14). Il met alors sous nos yeux tout ce qui constitue une entrave à sa grâce, c’est-à-dire tout ce qui est placé avant le Seigneur et est donc un obstacle.

Jésus voulait aider ce jeune homme à enlever cette entrave et lui permettre d’échapper à la condamnation pesant sur lui. Ce qui est triste est qu’il se soit approché du Seigneur avec la bonne question mais il n’a pas considéré ce que le Seigneur voulait lui dire par son regard d’amour. Il a négligé le conseil de Jésus. Il s’est ainsi mis à l’écart de la bénédiction. Combien de fois agissons-nous ainsi ? Il est parti tout triste, il a quitté le Seigneur qui l’a laissé partir.

En effet, le Seigneur ne s’impose pas, il accueille celui qui vient à Lui ; Il ne nous force pas. Il nous demande de nous débarrasser de toute entrave en sa présence.

Toutefois, celui qui laisse le Seigneur connaîtra la tristesse malgré les joies éphémères du monde.

Seule l’intimité du Seigneur est source de joie désaltérante, toute autre chose pâlit, est fade.

“Essayer Jésus, c’est l’adopter”, voilà une bonne publicité. Jésus peut nous libérer de tout obstacle nous empêchant de venir à lui.

II – Un regard d’appel à le suivre, à lui obéir

En passant, il aperçut Lévi, le fils d’Alphée, installé à son poste de péage, et il lui dit : – Suis-moi ! Lévi se leva et le suivit. Comme Jésus était reçu pour un repas dans la maison de Lévi, beaucoup de collecteurs d’impôts et de pécheurs notoires prirent place à table avec ses disciples et avec lui. Car ils étaient nombreux à le suivre. En voyant qu’il mangeait avec ces pécheurs notoires et ces collecteurs d’impôts, les spécialistes de la Loi qui appartenaient au parti des pharisiens interpellèrent ses disciples : – Comment votre maître peut-il manger avec ces collecteurs d’impôts et ces pécheurs ?” (Marc 2/14-16)

Lévi a eu confiance dans le seul regard qu’inspire le Seigneur, plein de vérité et de sincérité. C’était en effet le chemin de la paix, de l’espérance, de la liberté et du repos. Tout est contenu dans ces mots « SUIS-MOI ».

Exode 33/13 ” Maintenant, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux. Considère que cette nation est ton peuple.”

Le suivre, c’est le connaître intimement car le Seigneur se révèle à nous. Nous avons besoin de la connaissance de Jésus-Christ, afin que notre amour grandisse pour lui et que nous soyons transformés à sa ressemblance.

C’est aussi être sur le chemin du devoir, de la grâce, du témoignage et de la foi. Puissions-nous être aussi spontanés que Matthieu, nous éviterions bien des soucis et difficultés.

“Il est heureux celui qui accepte d’abandonner ce qu’il ne peut conserver parce qu’il risque de perdre ce qu’il n’a pas encore obtenu”.

En effet, celui qui est préoccupé de sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile, la sauvera.” (Marc 8/35).

III – Un regard de compassion

Quand il sortit de la barque, Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour eux, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont point de berger ; et il se mit à leur enseigner beaucoup de choses.” (Marc 6/34)

Nous pouvons compter sur sa compassion, celui qui est compatissant se donne, s’engage, c’est ce qu’a fait Jésus. Il est allé jusqu’au bout, à la croix. Il a été ému de compassion, celle du Bon Berger dont la foule a besoin. La brebis est dépourvue d’intelligence mais ce qu’elle peut faire : rester près du Bon Berger.

IV – Un regard de grâce, de bénédiction

Alors Jésus partit avec lui, suivi d’une foule nombreuse qui le serrait de tous côtés. Dans la foule se trouvait une femme atteinte d’hémorragies depuis douze ans.  Elle avait été soignée par de nombreux médecins et en avait beaucoup souffert. Elle avait dépensé toute sa fortune sans trouver la moindre amélioration ; au contraire, son état avait empiré.  Elle avait entendu parler de Jésus, et dans la foule, elle s’était approchée de lui par derrière et avait touché son vêtement, en se disant : – Si j’arrive à toucher ses vêtements, je serai guérie. A l’instant même, son hémorragie s’arrêta et elle se sentit délivrée de son mal. Aussitôt Jésus eut conscience qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule et demanda : – Qui a touché mes vêtements ? Ses disciples lui dirent : – Tu vois la foule qui te presse de tous côtés et tu demandes : « Qui m’a touché ? » Mais lui continuait à parcourir la foule du regard pour voir celle qui avait fait cela. Alors, saisie de crainte et toute tremblante, la femme, sachant ce qui lui était arrivé, s’avança, se jeta aux pieds de Jésus et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit : – Ma fille, parce que tu as eu foi en moi, tu es guérie ; va en paix et sois guérie de ton mal.”

Ce regard du Seigneur est conditionné à notre foi. Elle s’est approchée de Jésus avec la foi dans son cœur.

Il veut poser sur nous ce regard. Ayons foi. Sans la foi, on ne peut toucher le Seigneur. La puissance de Dieu entre en action en réponse à la foi. Le Seigneur discerne la foi et la rémunère toujours. Il fait la différence entre le toucher de cette foule et le toucher de la foi. Dieu est généreux et veut répondre à la foi.

“Le juste vivra par la foi” ; “si tu crois, tu verras la gloire de Dieu”. “Quand le Seigneur viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ?”

Si le Seigneur voit la foi dans l’Eglise, il fait de grandes choses.

Voulons-nous nous approcher de Dieu avec foi pour qu’il réponde à nos besoins ?

Les regards que le Seigneur pose sur nous viennent de son amour envers nous. Considérons ces regards !