LE ROI QUI VIENT

Pasteur Alain VETS

 Rameaux

Lecture : Matthieu 21/1-20

On trouve dans ce texte plusieurs plans détachés l’un de l’autre, en fait même 3 paradoxes.

I – Une ville en liesse qui chante/danse et célèbre le Roi qui vient (accomplissement de Zacharie 9/9).

Au milieu de cette liesse populaire, il y a comme un paradoxe car la nation d’Israël n’a pas accepté son Roi. De ce fait, Jésus ne trouvera pas de figue sur le figuier, juste des feuilles. Symboliquement, cela signifie que la nation n‘a que l’apparence religieuse (1 Temple, 1 clergé) mais elle ne veut pas de Jésus comme Roi.

Jésus a le cœur brisé car il sait que c’est la dernière occasion avant son avènement futur. Cela fait plus de 2000 ans qu’Israël en tant que nation a écarté son Roi même s’il existe des Juifs messianiques.

Quelques jours après, la foule dira “nous n’avons de roi que César”. Or, ce César va détruire le temple 40 ans plus tard et Israël va partir en exil. Ils ne sont aujourd’hui toujours pas tous rentrés, beaucoup font encore leur alya et elle reste à faire pour d’autres.

Daniel 9/23-27 : “Dès que tu as commencé de supplier Dieu, un message a été prononcé de sa part, et je suis venu te le communiquer, car Dieu t’aime. Efforce-toi donc de comprendre ce message et de discerner le sens de la vision. Une période de soixante-dix fois sept ans a été fixée pour ton peuple et pour la ville où tu demeures ; c’est nécessaire pour que la désobéissance prenne fin, que les fautes cessent et que les péchés soient pardonnés, pour que la justice éternelle se manifeste, que la vision et la prophétie s’accomplissent et que le temple de Dieu soit consacré de nouveau. Voici donc ce que tu dois savoir et comprendre : depuis l’instant où a été prononcé le message concernant le retour d’exil et la reconstruction de Jérusalem, jusqu’à l’apparition du chef consacré, il y a sept périodes de sept ans. Ensuite, pendant soixante-deux périodes de sept ans, la ville et ses fortifications seront reconstruites, mais les temps seront difficiles. A la fin de ces soixante-deux périodes, un homme consacré sera tué sans que personne ne le défende. Puis un chef viendra avec son armée et détruira la ville et le sanctuaire. Toutefois ce chef finira sous le déferlement de la colère divine. Mais jusqu’à sa mort il mènera une guerre dévastatrice, comme cela a été décidé. Pendant la dernière période de sept ans, il imposera de dures obligations à un grand nombre de gens. Au bout de trois ans et demi, il fera même cesser les sacrifices et les offrandes. Ce dévastateur accomplira ses œuvres abominables avec rapidité, jusqu’à ce que la fin qui a été décidée s’abatte sur lui.” “

C’est la prophétie des 70 semaines. On a d’abord 7 semaines + 62 semaines, soit 69 semaines. Au milieu de cette semaine : reconstruction du Temple, venue du Messie, rejet, destruction de Jérusalem et du Temple par le peuple de celui qui doit venir puis suspension dans le temps, la prophétie semble s’arrêter. La 70ème semaine doit venir avec le dévastateur faisant alliance avec Israël mais qui commettra l’irréparable en profanant le temple. Jésus reviendra alors qu’Israël sera assailli, il posera ses pieds sur le mont des oliviers. Nous sommes à la fin des 69 semaines, le temps des nations va bientôt s’arrêter. Aujourd’hui, Dieu s’adresse aux hommes de toutes tribus, de toutes langues, de toutes nations… Mais l’horloge est arrêtée pour Israël en tant que nation. Quand viendra le dévastateur, l’horloge se remettra en marche, viendra la Grande Tribulation puis la destruction d’Israël mais aussi le Retour de Jésus et la restauration de la création en vue du règne de mille ans.

Ce peuple-nation qui a refusé la vie quand il s’est présenté se retrouve dans l’exil car loin de leur Dieu, pas seulement à cause de la dispersion.

Ils vont hélas accepter le dévastateur, l’Assyrien, issu de l’Empire romain reconstitué dans ses parties occidentales et orientales. La dernière semaine est prophétique.

Il est toujours dommage de négliger le Roi, de refuser sa seigneurie sur nos projets, sur notre vie et sur notre cœur. C’est donc le premier paradoxe : au milieu de la liesse, Israël nation refuse son Roi et va être propulsé dans l’exil.

II – Au milieu de cette nation qui refuse le Roi, il y a des gens et des enfants qui acceptent Jésus, l’acclament et le louent

Louer Dieu, c’est louer ce qu’il est, exalter sa puissance. Quand Jésus entre dans le Temple, il est bondé et Zacharie 9/9 s’accomplit, le roi vient plein de douceur et d’humilité, de grâce et de puissance. De ce Roi nous recevons grâce sur grâce, plénitude sur plénitude. Nous vivons dans un monde qui le rejette, un mode enténébré mais l’Eglise est rassemblée autour de Jésus.

Les humbles participent à ce moment comme une fête alors que les religieux et les bien-pensants vivent mal ce moment. Jésus va alors faire son œuvre, guérissant des aveugles et des boiteux.

L’Eglise réunie autour de Jésus a la bénédiction à sa disposition mais ce sont ceux qui s’approchent de lui qui sont guéris, bénis.

S’approcher de Lui, c’est lui ouvrir notre cœur, crier à lui notre besoin « vois ma maladie, vois mon besoin ». Recevons sa grâce, sa vie, sa joie, son intervention, son secours, l’attouchement divin.

Si nous venons avec un tel cœur, il n’y aura pas une seule réunion où Dieu n’intervienne.

Il veut nous purifier de tout ce qui prend sa place (idoles, faux dieux) et mettre de l’ordre dans notre vie.

III – On trouve une démonstration de puissance et de miséricorde via des guérisons mais au milieu de cette joie et de cette bénédiction, des gens ont le cœur dur et indigné (v 15)

Et les principaux sacrificateurs et les scribes, voyant les merveilles qu’il faisait, et les enfants criant dans le temple et disant, Hosanna au fils de David ! en furent indignés

Cela arrive au sein des églises que quand quelqu’un manifeste expressivement sa joie, des personnes soient indignées et trouvent cela exagéré.

Les principaux sacrificateurs et les scribes indignés n’ont pas été bénis, ils ne se sont pas approchés du Roi, ils n’écoutaient que du négatif.

La bénédiction ne dépend pas du prédicateur mais de notre attitude de cœur, si nous sommes rassemblés pour Jésus, rassemblés pour le meilleur, nous serons alors bénis.

Le paradoxe qui nous intéresse : les aveugles et les boiteux qui se sont approchés de Jésus ont été guéris. Et nous, pouvons-nous exposer notre besoin au Seigneur alors que nous nous approchons de Lui ?