Certaines des plus grandes bénédictions de notre vie chrétienne résultent des relations que nous avons avec les autres croyants. A mesure que nous cultivons ces relations, nous pouvons être fortifiés dans notre marche spirituelle. L’étroite communion spirituelle qui résulte de ces amitiés peut nous aider dans les temps difficiles de notre vie.

L’une des choses les plus dévastatrices qui a lieu dans l’Eglise est la détérioration des relations entre croyants. Parfois, même une action insignifiante peut faire qu’une personne se sente offensée. Si l’offense n’est pas résolue, elle peut alors abriter l’amertume. Et au fur et à mesure que le temps passe, la relation entre ces personnes sera brisée.

Il est probable que chacun de nous se soit senti offensé d’une manière ou d’une autre. Comment résolvons-nous ces situations ? En tant que croyants, notre réaction doit être très différente de celles qui ont cours dans ce monde.

En Matthieu 18, Jésus a enseigné que le pardon est une partie essentielle d’une vie chrétienne solide. Nous ne pouvons permettre le manque de pardon et l’amertume dans notre vie. Nous devons faciliter la restauration des relations avec les frères dans la foi qui nous ont offensé.

I. Un pardon sans limites (

Matthieu18:15-20 : “ Si ton frère a péché, va et reprends-le seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux (personnes), afin que toute l’affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un péager. En vérité je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. En vérité je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera donné par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

A. Motif du pardon

En Matthieu 18, Jésus a répondu à la question de ses disciples concernant qui est le plus grand dans le royaume des cieux (v. 1). Dans sa réponse, jésus a indiqué que tout le monde est important dans le royaume. Jésus préparait les conditions pour enseigner à ses disciples comment et pourquoi ils doivent faire preuve de miséricorde et de pardon, même envers ceux qui pèchent contre eux (v. 15).

Que signifie ‘pécher’ contre un autre croyant ?

Dans ce contexte : cette expression inclut le fait de rester en mauvais terme, le fait de briser un secret confidentiel ou de trahir un frère ou encore blesser une autre personne par notre attitude. Bien que nous puissions considérer certaines de ces attitudes comme des offenses insignifiantes, nous devons reconnaître le caractère grave et dévastateur du péché.

Quelle est la réaction commune quand on nous traite injustement ?

Quand on nous fait du mal, souvent, notre première réaction est de nous venger ou de conserver de la rancœur. Mais nos réactions ne doivent pas être les mêmes que celles des non-chrétiens. Dans les versets 15-17, Jésus a présenté la manière dont les croyants doivent traiter ceux qui pèchent contre eux.

Jésus a dit que celui qui avait été offensé doit initier la tentative de réconciliation en allant voir la personne qui l’a offensé. Le fait que ce soit en privé assure que la personne qui a péché ne se sente pas humiliée ni honteuse. Ainsi, celui qui lui fait face doit se souvenir que le motif de la confrontation est la restauration. Il ne peut y avoir de pensée de vengeance.

Si la personne qui a péché refuse de se réconcilier, celui qui favorise la réconciliation doit emmener avec lui un ou deux croyants pour une nouvelle tentative de réconciliation. Ces témoins supplémentaires peuvent s’assurer que celui recherche la réconciliation a des motivations correctes. Ils peuvent aussi aider celui qui a péché à comprendre la gravité de sa conduite et la nécessité de s’en repentir.

Si celui qui a péché repousse ces tentatives de réconciliation, alors il doit porter cela devant l’Eglise (v 17). En dernier recours, il lui est donné l’opportunité de se repentir et d’être restauré dans la communion dans la communauté de la foi.

Hélas, il y a des fois où la personne qui a péché refuse de s’humilier et de se repentir. La seule alternative est la séparation du corps de croyants et de le traiter comme un ‘païen et un publicain’ (v 17). Sans doute cette mesure radicale aide t-elle cette personne à comprendre son besoin de se repentir.

Pourquoi doit-on séparer d’une église une personne qui ne se repent pas ?

La Bible enseigne l’importance de la séparation du péché (1 Corinthiens 5:9-13). On doit discipliner une personne qui ne se repent pas pour le bien du pécheur
(2 Thessaloniciens 3:14,15 : “ Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de relations avec lui, afin qu’il éprouve de la honte. Ne le regardez pas comme un ennemi, mais avertissez-le comme un frère “ .), le but étant de maintenir la pureté dans l’église et d’empêcher que d’autres soient entraînés.

Quel est le rapport entre le concept de ‘lier’ et de ‘délier’ (Matthieu 18) et la restitution opérée par un croyant ?

Dans certains cercles chrétiens, on a mal employé ce fait de ‘lier et délier’. En comparant avec Matthieu 16/19 et Jean 20/23, nous voyons que proclamer le message du royaume l’ouvre à ceux qui acceptent son message. Ainsi donc, ceux qui refusent son message sont esclaves et ne sont pas libres de leurs péchés.

De même, quand nous offrons la réconciliation à un croyant qui pèche, nous lui apportons la liberté. Mais s’il refuse nos tentatives de réconciliation, il demeure lié par le péché.

Pourquoi la prière est-elle importante dans la restauration d’un croyant qui a péché ?

(Matthieu 18/19-20 : “ En vérité je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander quoi que ce soit, cela leur sera donné par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. ”.

Jésus voulait que nous connaissions la puissance qui est à notre portée quand nous prions pour ceux qui sont éloignés de Dieu. Quand deux ou trois personnes (peut-être celles qui sont d’abord allées voir le croyant non repenti) se réunissent pour prier, Dieu entendre et répondra à leur prière. Et ils peuvent être sûrs qu’il est avec eux.

A la lumière de Matthieu 18:15-20, comment les pasteurs et les membres doivent-ils considérer la discipline de l’église ?

La discipline de l’église est nécessaire à cause des conséquences possibles pour ceux qui se soumettent à la discipline. Bien que les croyants doivent favoriser la restauration des croyants qui pèchent, les conséquences du péché sans repentance sont très sévères. A cause de cela, nous devons appliquer la discipline avec prière.

Ainsi donc, les pasteurs doivent rechercher la sagesse de Dieu. Ils ne peuvent garder aucune rancœur ni amertume. Durant tout le processus, le but est la restauration. Même quand on amène un pécheur devant le corps de croyants, le processus doit être effectué avec amour.

B. Extension du pardon

Jésus a continué à consolider l’enseignement sur le pardon tandis qu’il répondait à la question de Pierre “ Combien de fois pardonnerai-je à mon frère ? ” (Matthieu 18:21). La littérature rabbinique ancienne enseignait qu’une personne devait pardonner à une autre trois fois. Il est probable que Pierre ait pensé qu’il était généreux en suggérant de pardonner sept fois. Or, dans sa réponse, Jésus a enseigné une attitude révolutionnaire quant au pardon.

Que signifie ‘pardonner’ soixante dix fois sept fois” ?

Certaines traductions disent “soixante dix sept fois” ; d’autres indiquent que la réponse de Jésus serait “490 fois” (v. 22). Mais le nombre est peu important, ce qui importe est que le pardon des croyants doit être illimité. C’est là un enseignement révolutionnaire dans un monde qui fait tout pour se venger.

Si nous racontons chaque mal que nous pardonnons, nous ne pardonnons pas vraiment. Pardonner aux autres veut plutôt dire qu’on ne se souvient plus du mal qu’ils ont commis contre nous.

L’attitude et la conduite conseillée en Matthieu 18:15-22 ne peuvent être atteinte que grâce à la puissance de Dieu. Mais comme l’indique la parabole aux versets 23-35, notre attitude par rapport au pardon même de l’injustice la plus horrible peut continuer à être bonne si nous la maintenons dans une perspective spirituelle.

II. Exemple de pardon

Matthieu 18:23-25 : “ C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna de le vendre, lui, sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avait, et de payer la dette. Le serviteur se jeta à terre, se prosterna devant lui et dit : Seigneur, prends patience envers moi, et je te paierai tout. Touché de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit la dette

A. Le pardon nécessaire

Jésus a consolidé son enseignement sur le pardon en employant une parabole pour illustrer le véritable pardon. Cette parabole décrit la conduite des citoyens du royaume de Dieu (Matthieu 18:23).

A l’époque du Nouveau testament, parfois, on donnait aux serviteurs des charges de superviseurs des affaires économiques d’un roi. Dans cette parabole, le roi a décidé de régler ses comptes avec ses serviteurs. Il a commencé par un serviteur dont la dette était extraordinairement élevée (v. 24). Dix mille talents est une somme presque incalculable d’argent. Actuellement, la dette du serviteur représenterait plusieurs millions d’euros.

Pourquoi Jésus attribue t-il une valeur élevée à la dette dans cette parabole ?

Jésus a employé une quantité extraordinaire d’argent pour montrer qu’il était impossible de payer cette dette. Le roi avait le droit de vendre le serviteur ainsi que sa famille comme esclaves pour rembourser la dette.

Cependant, dans ce cas, cela aurait même été insuffisant. Les mesures que le roi a prises concernant le serviteur au verset 25 étaient strictement punitives. Il allait décharger sa colère sur un homme qui n’avait aucun pouvoir de l’arrêter.

Comment cette parabole illustre t-elle notre position en tant que pécheurs avant que nous acceptions Christ comme notre Sauveur ?

Cette parabole prépare le scénario pour un enseignement convaincant concernant la miséricorde et le pardon. Cela ressemble beaucoup à la situation dans laquelle nous nous trouvons quand nous ne connaissons pas Christ comme Sauveur. Nous avons une dette que nous ne pouvons payer. Il n’y a aucune manière pour nous de gagner le salut par nos propres œuvres.

B. Le pardon concédé

Le serviteur dans cette parabole avait failli envers le roi et avait accumulé une dette qu’il ne pourrait jamais payer. Il ne pouvait faire qu’une chose : tomber à genoux devant le roi et implorer sa miséricorde (Matthieu 18/26). Malgré le fait qu’il était impossible de payer une telle quantité, le serviteur lui a demandé du temps pour pouvoir lui rembourser sa dette.

Le roi avait qu’il était impossible qu’il rembourse cette dette. Emu de compassion, le roi a remis la dette (v 27).

En faisant cela, il a fait davantage que d’éprouver de la compassion envers le serviteur, il l’a aussi aimé. En lui remettant cette dette, le roi a aussi traité le serviteur comme l’un des siens. Il a vu le serviteur comme plus qu’un débiteur, il l’a considéré comme personne.

Comment le pardon du roi typifie le pardon de Dieu ?

Le roi représente Dieu, tandis que le serviteur représente le pécheur. Le pardon que Dieu nous a concédé ne peut être calculé. Etant donné notre péché, nous avons une dette incalculable envers Dieu. Nous n’avons aucun espoir à part sa miséricorde, mais il a fait preuve envers nous d’une grande compassion.

Le mot traduit “il remit” au verset 27 illustre le pardon des péchés par Dieu (voir Matthieu 6/14-15 : “ Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes ”.

Pour notre façon de penser, notre seule espérance d’éviter le châtiment serait que quelqu’un paye notre dette. Mais Dieu sait qu’il est impossible que nous payions la dette de nos péchés. Dieu répond avec une grâce inimaginable à nos supplications de miséricorde.

A travers l’œuvre expiatoire de Christ, il nous pardonne et nous remet tout simplement la dette et nous restaure dans une bonne relation avec Lui.
Quand nous capitulons devant Dieu, il n’y a pas de pénitence nous faisant accomplir un châtiment à subir.

L’évangile du pardon résonne dans ce passage et va crescendo tandis que la miséricorde de Dieu contraste avec la conduite impie du serviteur des versets suivants.

III. Nécessité du pardon

(Matthieu 18:28-30 : “ En sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et le serrait à la gorge en disant : Paie ce que tu me dois. Son compagnon se jeta à ses pieds et le suppliait disant : Prends patience envers moi, et je te paierai. Mais lui ne voulut pas ; il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait.

A. Le pardon refusé

Le serviteur auquel le roi avait pardonné est sorti de la présence du roi et a rencontré un autre serviteur qui lui devait de l’argent et a exigé qu’il le rembourse (Matthieu 18:28).

Ce serviteur lui a demandé miséricorde, tout comme l’avait fait le premier serviteur avant le roi (v. 29). Tandis que la quantité de la dette du premier était énorme, la dette de celui-ci était insignifiante en comparaison. 100 deniers, cela ne ferait que quelques euros.

Bien que le premier serviteur venait d’être pardonné, qu’une dette énorme venait de lui être remise, il a réagi avec colère et manque de pardon à la demande de miséricorde de son collègue. Il a même eu recours à la violence physique. Oubliant le pardon qu’il venait de recevoir, il a jeté en prison son collègue jusqu’à extinction de la dette (v 28-30).

Pourquoi le premier serviteur a t-il traité avec autant de rudesse son collègue ?

Il est évident que le serviteur n’a pas eu la compassion qu’on avait eu pour lui. A la différence de sa propre dette, 100 deniers auraient pu être facilement remboursés. Or, le cœur du serviteur était mauvais et n’a pas été transformé par la bienveillance du roi. Quand il a eu l’opportunité d’imiter la miséricorde dont il avait bénéficié, il a refusé de le faire.

B. La rancœur et la grâce

La conduite injuste du serviteur n’est pas passée inaperçue. Quelques serviteurs ont informé le roi au sujet du serviteur ingrat. Le roi s’est mis en colère et lui a retiré sa miséricorde (Matthieu 18:31-34.).

Pourquoi le roi lui a retiré sa miséricorde ?

Le roi était en colère que son serviteur ait refusé de remettre une dette insignifiante alors qu’il lui avait remis une dette aux proportions infinies. Le roi a reconnu la méchanceté de cœur de ce serviteur et l’a condamné à l’emprisonnement et à la torture jusqu’à ce qu’il paie sa dette.

Comme il n’avait pas fait preuve de miséricorde, il n’en a reçu aucune. Comme il n’était pas disposé à remettre une dette insignifiante, il a perdu son pardon par rapport à une dette beaucoup plus grande.

Le pardon de Dieu exige que nous soyons prompts à pardonner à notre tour. Tout péché commis contre nous est insignifiant en comparaison avec le péché que nous avons commis contre Dieu mais quand nous crions à Dieu, nous recevons sa miséricorde et son pardon.

Pourquoi Dieu ne nous pardonnera pas si nous ne pardonnons pas ?

Le manque de pardon ne va pas avec ce que signifie être
enfant de Dieu. Le peuple de Dieu est appelé à refléter sa nature. Dieu est miséricordieux et prompt à pardonner et Il s’attend que ses enfants le soient aussi. Comme Dieu pardonne, il est contradictoire de se nommer chrétien si on abrite de l’amertume envers un autre croyant.

Selon le verset 35, il y a un châtiment pour le manque de pardon. Un chrétien qui refuse de pardonner fait quelque chose de très dangereux. Finalement, il perdra le pardon de Dieu. Cela a des conséquences éternelles.

Dans cette vie, nous avons pu être blessés par les autres, même par des frères dans la foi. C’est le lamentable résultat de l’imperfection humaine. Mais le pardon est possible. En réalité, nous pouvons nous pardonner les uns aux autres avec joie quand nous nous souvenons du pardon insondable qui nous a été consenti par notre Père Céleste.

Conclusion :

Nous vivons dans un monde qui idolâtre le moi. Et dans la recherche du profit social et matériel, les gens peuvent être blessés par la conduite égoïste des autres. Même dans l’Eglise, les gens souffrent à cause de la conduite insouciante ou indifférente des autres. Or, les croyants ne peuvent réagir comme le monde, avec amertume ou manque de pardon. Christ nous a ordonné de faire tout notre possible pour nous réconcilier avec ceux qui nous ont offensé.

Sans doute quelqu’un vous a offensé et vous avez besoin de faire un effort pour rétablir votre relation avec cette personne. Demandez à Dieu qu’il vous aide à parler avec cette personne. Croyez que Dieu œuvrera dans le cœur de cette personne aussi. Pardonnez-lui de tout cœur.