LA VERITABLE ADORATION

Ce qu’est un véritable adorateur

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Quand Jésus se trouva au puits de Jacob, dans la ville de Sychar, en terre de Samarie, Jésus prononça des paroles transcendantes à une femme connue comme la Samaritaine :

Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité.” (Jean 4/23-24)

Ces versets sont seulement un fragment d’un merveilleux passage de la Bible, dans lequel nous pouvons trouver une immense richesse. Aussi, il nous faut nous arrêter sur ce qu’il nous enseigne, par rapport aux “vrais adorateurs”.

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Nous pouvons dire que bien que la Bible nous parle de la louange et de l’adoration à Dieu (de la Genèse à l’Apocalypse), la seule fois où est mentionnée le terme “vrais adorateurs” dans toute l’Ecriture, il vaut la peine d’étudier ce concept en s’y arrêtant.

Dans Jean 4, nous trouvons en effet plusieurs vérités :

I – L’adoration à Dieu ne dépend pas d’un lieu

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Le texte nous raconte la conversation de la Samaritaine avec Jésus.

Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.  Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.” (Jean 4/19-23)

Si nous examinons le contexte dans lequel a eu lieu cette situation, nous voyons que le Seigneur Jésus venait de révéler à la Samaritaine certains aspects de sa vie qu’humainement, on ne pouvait connaître (Jean 4/16-19). Pour cette raison, elle le considère alors comme un prophète.

Elle profite donc pour faire un débat avec le Seigneur (ce qui était commun à cette époque) concernant le lieu correct où l’on devait adorer Dieu : Jérusalem ou en Samarie ? (v 20).

Sa question n’était pas hors sujet, elle avait tout à fait lieu d’être.

Voyons donc quel était l’arrière-plan historique, religieux, politique et culturel entre Samarie et Jérusalem.

  1. Arrière-plan de la rivalité entre Juifs et Samaritains

 Pour les Juifs d’alors, il était logique et naturel d’aller adorer Dieu au lieu préalablement destiné à cela, notamment le Temple de Jérusalem (la capitale de leur nation), lieu que Dieu lui-même avait choisi à cette fin.

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“… Jérusalem, la ville que l’Eternel avait choisie sur toutes les tribus d’Israël pour y mettre son nom…” (1 Rois 14/21)

Mais vous le chercherez à sa demeure, et vous irez au lieu que l’Eternel, votre Dieu, choisira parmi toutes vos tribus pour y placer son nom.” (Deut 12/5)

 Aussi, durant les grandes fêtes religieuses annuelles, les juifs provenant des autres régions venaient à Jérusalem pour apporter des sacrifices et l’adoration à Dieu. On pouvait dire que Jérusalem était la capitale religieuse des juifs.

En revanche, les Samaritains croyaient que le lieu désigné pour adorer Dieu était la montagne où était assise la ville de Samarie (là, ils avaient aussi bâti un temple).

Voyons comment tout a commencé :

La nation hébreu vivait son époque de grande splendeur, d’unité et de paix durant le règne de Salomon. Le pays complet d’Israël, ses 12 tribus, avaient un seul roi. Puis après la mort de Salomon, le règne passa aux mains de Roboam (son fils) et durant son gouvernement, la nation se divisa en deux (vers 931 av. JC) et deux royaumes divisés se constituèrent :

  1. Le Royaume d’Israël : dans la région nord du pays, avec pour capitale Sichem puis plus tard Samarie (formé des 10 tribus)
  2. Le Royaume de Juda : dans la région sud du pays, avec pour capitale Jérusalem (formé par 2 tribus).

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Cette division politique (La division des 12 tribus en 2 royaumes séparés : Juda (en rose) et Israël (en bleu) demeura de cette manière au cours de plusieurs siècles. Même ainsi, les deux états (Israël et Juda) maintenaient, quand cela leur convenait, un certain sentiment de parenté et, à certaines occasions, d’unité, quand il fallait s’allier pour affronter des nations ennemies plus fortes qu’eux. Il y eut aussi des rencontres belliqueuses de temps à autre entre Israël et Juda, même s’il s’agissait de compatriotes.

Vers l’an 877 avant Jésus-Christ, durant le règne d’Omri (roi d’Israël), ce dernier établit la capitale de son royaume à Samarie. Avant Samarie, la capitale du royaume d’Israël était Sichem.

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Samarie actuellement

il acheta de Schémer la montagne de Samarie pour deux talents d’argent ; il bâtit sur la montagne, et il donna à la ville qu’il bâtit le nom de Samarie, d’après le nom de Schémer, seigneur de la montagne…” (1 Rois 16/24)

Vers 853 av. JC, les assyriens conquirent les 10 tribus du nord (lesquelles constituaient Israël), détruisant Samarie, sa capitale. La majorité du peuple fut déportée, envoyée en exil dans d’autres villes. En outre, on installa à Samarie des populations étrangères, qui absorbèrent le peu de Samaritains qui y demeuraient encore. Ainsi, les rares habitants originaires de Samarie, bien qu’israélites, furent affaiblis dans leurs croyances et entremêlèrent leurs coutumes avec celles des étrangers païens désormais résidents.

Après la chute de l’empire assyrien, Samarie passa aux mains des babyloniens et puis des conquérants successifs de la Palestine. De cette manière, après des siècles de conquête et de colonisation étrangère, au temps de Christ, les Samaritains n’étaient pas à proprement dire des juifs purs.

Les samaritains pratiquaient une certaine forme de judaïsme et gardaient en partie ce qu’on appelait le Pentateuque Samaritain. Leurs coutumes étaient déjà, à l’époque de Jésus, une fusion déformée entre les croyances juives et les rituels et coutumes païennes.

De plus, leur propre race s’était mélangée avec les autres peuples (chose qui était réprouvée parmi le peuple de Dieu et même par Dieu). Ainsi, ils semblaient être juifs mais ne l’étaient pas du tout : ils observaient partiellement la loi mosaïque, mais ils ne marchaient pas en accord avec celle-ci. Ils croyaient en Dieu mais ne vivaient pas comme peuple de Dieu. On pourrait dire qu’ils étaient israélites en apparence mais quasiment sans l’essence hébreu originelle.

Aussi, les samaritains, dispersés sur d’autres terres et dominés par des cultures païennes, finirent par perdre leur identité et ne redevinrent jamais le même peuple qu’ils avaient été. Ils devinrent un peuple multi-ethnique et multiculturel, avec un syncrétisme religieux, fruit des conquêtes étrangères successive sur eux.

Dans le cas du royaume de Juda (y compris à Jérusalem, sa capitale), celui-ci fut finalement conquis par Babylone (par Nabuchodonosor), vers 586 avant J.C. Une grande partie des juifs fut déportée et emmenée à Babylone (connue comme le lieu de la captivité). Ils furent à Babylone durant plus de 70 ans. Mais il est toujours demeuré un petit reste établi à Jérusalem, qui toutefois vivait dans les pires conditions : une extrême pauvreté : ses murs, son temple et ses maisons avaient été détruits (Néhémie 1/1-4 ;7/3-4).

Or, à la différence de ce qui s’est passé avec Samarie, à Jérusalem, une grande quantité d’étrangers ne s’est pas établie, mais la majorité du peu de résidents continua à être juive. Bien que la ville soit désolée, les quelques gens qui restaient-là n’ont pas du tout perdu leurs croyances religieuses. De plus, les juifs qui vivaient captifs à Babylone disposaient d’une liberté relative, quant au fait de s’unir et de ne pas se mélanger avec les autres.

Après cette domination babylonienne sur le peuple juif, l’empire Perse conquit Babylone et donc exerça sa domination aussi sur les juifs qui demeuraient là, tout comme sur ceux qui vivaient à Jérusalem. Mais ils furent soumis pacifiquement. Ce fut précisément sous cette domination perse qu’on permit aux juifs de retourner dans leur patrie et de rebâtir la ville de Jérusalem (Néhémie 2/1-5) et même la reconstruction du temple de Salomon (Esdras 6/14-15) avec laquelle on réinstaura alors le culte véritable à Dieu (Néhémie 8).

Les juifs (ceux de Juda) ne perdirent pas leur identité en tant que peuple de Dieu ni leurs traditions anciennes, qu’ils ont conservé jusqu’à leur retour dans la patrie, une fois terminée la captivité. Mais il n’en fut pas de même pour les Samaritains qui furent pratiquement absorbés par d’autres peuples.

Par ailleurs, quand les Samaritains parvinrent à leur tour à revenir de leur exil pour se réinstaller en Samarie (également à l’époque de la domination perse), ils ont rebâti leur propre temple dans cette ville (en 428 av.) alors que Samarie n’était pas l’endroit que Dieu avait choisi pour cela. Comme dans ce temple on ne rendait pas un culte à Dieu purement mais que le paganisme s’y était infiltré, alors un gouverneur de Judée, Hircane Ier détruisit le temple de Samarie (en 128 av. JC) qui accrût la rivalité entre Juifs et samaritains. Ce temple samaritain fut restauré par Hérode le Grand, en 30 av. JC. Les Samaritains, pour leur part, profanèrent le temple de Jérusalem par certains actes immondes, ce qui intensifia encore plus la haine entre les deux peuples.

Au fond, les juifs méprisaient les samaritains et les considéraient comme impures (mais leur lignée s’était mélangée avec des peuples étrangers). De même, ils les considéraient comme païens et hérétiques (étant donné qu’ils avaient dévié de leur religion originelle).

Dire à un juif d’être ami avec un samaritain était presque une insulte. En effet, quand Jésus a dit à quelques juifs certaines choses qui leur étaient désagréables, ceux-ci se sont offensés et l’ont traité de samaritain (Jean 8/46-49).

Le Seigneur Jésus, à plusieurs occasions, a laissé voir dans ses enseignements que cette rivalité entre les deux peuples n’était pas bonne, leur démontrant qu’ils étaient le prochain les uns des autres.

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Il a même donné aux juifs comme exemple l’histoire que nous connaissons aujourd’hui comme celle du Bon Samaritain (Luc 10/25-37). Dans celle-ci, c’était précisément un homme de Samarie qui a eu de la miséricorde et a secouru un juif qu’il a trouvé gravement blessé le long du chemin tandis que d’autres juifs étaient passés leur chemin sans l’aider.

De même, en Luc 17/11-19, il nous est raconté comment dix lépreux sont guéris par Jésus et que seul l’un d’entre eux (un samaritain) est revenu remercier le Maître.

Dans Luc 9/51-56, le Seigneur reprend deux de ses disciples quand ceux-ci désirent que le feu du ciel tombe sur les samaritains dans un village où on ne les reçut pas, pour le simple fait qu’ils étaient juifs.

Même après sa résurrection, avant de monter au ciel, le Seigneur recommande à ses disciples de prêcher l’Evangile et d’être des témoins de Christ “à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie” (Actes 1/8), en rompant les barrières entre les deux peuples. Et c’est ce que les disciples ont fait car il nous est ensuite que : ” Après avoir rendu témoignage à la parole du Seigneur, et après l’avoir prêchée, Pierre et Jean retournèrent à Jérusalem, en annonçant la bonne nouvelle dans plusieurs villages des Samaritains.” (Actes 8/25)

Les samaritains ne supportaient pas non plus les juifs, ils les haïssaient et niaient l’importance religieuse de Jérusalem ; Une telle discorde est manifeste dans certains versets :

Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C’était environ la sixième heure. Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire… La femme samaritaine lui dit : Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? — Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. ” (Jean 4/6-7,9)

L’attitude de cette femme, même dans notre époque moderne nous paraîtrait très mesquine. Il y a un dicton populaire qui dit “on ne refuse pas un verre d’eau même à un chien”. Ce serait pire de le refuser à un être humain qui était fatigué du voyage, à la pleine chaleur du jour (la 6ème heure, c’est-à-dire midi).

De plus, en ces temps de l’antiquité, être hospitalier avec les autres, même s’ils étaient étrangers, faisait partie de la culture comme étant quelque chose de normal.  Aussi, nous pouvons voir ici le degré de discorde que les samaritains éprouvaient face aux juifs, au point que cette femme s’indigne de ce que Jésus lui demande simplement de l’eau pour boire.

Par ailleurs, malgré ce que les juifs pensaient d’eux, les samaritains se considéraient eux-mêmes comme de véritables israélites, fidèles à la loi de Dieu et comme des descendants d’Abraham. A tel point que la femme samaritaine parle de Jacob comme “notre père”, c’est-à-dire le père des samaritains (Jean 4/12). Mais en fin de compte, aux yeux des juifs, les samaritains étaient sans doute moins qu’une “imitation cosmétique” du peuple de Dieu.

A l’époque de Jésus, la capitale politique et religieuse de la nation d’Israël, nouvellement unifiée (bien que sous la domination romaine) était Jérusalem. Les samaritains (que ce soit par tradition, par orgueil nationaliste ou par rivalité avec les juifs) continuaient à considérer Samarie comme l’endroit où l’on devait adorer et méprisaient l’endroit que Dieu lui-même avait choisi à Jérusalem à cette fin.

  1. L’adoration à Dieu n’est pas liée à un endroit particulier

Nous voyons ainsi que dans sa compréhension, la samaritaine liait l’adoration à endroit physique particulier. Or, de la réponse du Seigneur, nous comprenons qu’il ne doit pas en être ainsi. Jésus lui a fait voir que l’adoration ne devrait pas être liée à un lieu particulier :

Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.” (Jean 4/21)

Et le Seigneur continue à expliquer à cette femme :

Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.” (Jean 4/23)

L’expression “l’heure vient, et elle est déjà venue” fait allusion au moment de à partir duquel l’adoration à Dieu ne serait plus liée à un endroit. Et ce moment fut précisément quand il vint sur terre. Aussi, il dit « l’heure est déjà venue » car il se trouvait alors dans ce monde.

L’expression « l’heure vient » fait référence à tous les rachetés de tous les siècles qui lui apporteront leur adoration en toute occasion et endroit, depuis le temple de leur propre être.

C’est accompli car nous n’avons pas à nous rendre dans un endroit particulier pour rendre un culte d’adoration au Seigneur.

Peu importe où nous nous trouvons et même si nous ne sommes pas dans un temple physique ou matériel, construit humainement, nous pouvons apporter notre adoration à Dieu depuis le temple qu’est notre être car souvenons-nous, nous sommes le temple du Seigneur.

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ?” (1 Cor 6/19)

Dieu habite en nous, enfants de Dieu et c’est précisément dans le temple de notre être que nous avons une rencontre et une communion avec lui. Aussi, peu importe où nous nous trouvons et à quelque moment que ce soit, nous pouvons si nous le voulons adorer notre Seigneur car il est toujours en nous, dans notre cœur.

Ainsi, l’adoration à Dieu ne dépend pas d’un lieu géographique ni d’un temple particulier car Il habite dans le temple de notre propre être et nous pouvons l’adorer en tout temps et en tout lieu car le temple, c’est nous.

Il est grandiose que le grand Dieu suprême daigne habiter en ses enfants, des créatures humaines, alors que l’univers entier n’est pas suffisant pour le contenir. Plus encore, c’est lui qui soutient toutes choses.

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Mais quoi ! Dieu habiterait-il véritablement avec l’homme sur la terre ? Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir : combien moins cette maison que j’ai bâtie ! Toutefois, Eternel mon Dieu, sois attentif à la prière de ton serviteur et à sa supplication ; écoute le cri et la prière que t’adresse ton serviteur.” (2 Chroniques 6/18-19)

Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.” (2 Cor 6/16)

 Et comme il n’est pas nécessaire d’aller dans un endroit particulier pour adorer Dieu, un rituel n’est pas non plus nécessaire, mais c’est dans la simplicité que nous pouvons l’adorer.

De même, quand le roi David était déjà vieux et ne se levait pratiquement plus de son lit (1 Rois 1/1-4,15), il nous est dit qu’il a adoré et béni Dieu, même depuis son lit. Il ne dépendait pas d’une posture spéciale ou de quelque chose de semblable pour pouvoir rendre un culte à Dieu. En effet, le Seigneur était dans son cœur.

Et les serviteurs du roi sont venus pour bénir notre seigneur le roi David, en disant : Que ton Dieu rende le nom de Salomon plus célèbre que ton nom, et qu’il élève son trône au-dessus de ton trône ! Et le roi s’est prosterné sur son lit. Voici encore ce qu’a dit le roi : Béni soit l’Eternel, le Dieu d’Israël, qui m’a donné aujourd’hui un successeur sur mon trône, et qui m’a permis de le voir !” (1 Rois 1/47-48)

Ainsi, Dieu veut habiter dans le temple de notre être et que nous l’adorions en tout temps et en tout lieu, étant ainsi de vrais adorateurs, en esprit et en vérité.

II – Nous devons connaître qui nous adorons

Le texte sur la Samaritaine nous apprend que Jésus affirme que nous devons adorer Dieu avec connaissance, compréhension de ce que nous faisons. En fait, nous devons connaître qui nous adorons.

Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.” (Jean 4/22)

C’est pour cette raison que Jésus dit à la samaritaine que les samaritains adoraient ce qu’ils ne connaissaient pas. Ils le faisaient plus comme coutume ou tradition apprise que comme un rituel à accomplir. Ils se disputaient même au sujet de la localisation de l’endroit correct pour adorer Dieu sans même comprendre tout à fait Qui et pourquoi ils devaient adorer. Plus important que savoir où et comment, mieux vaut connaître qui nous allons adorer.

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Il y a un point qui attire l’attention ici. Nous pouvons voir au travers des Ecritures que toute la création loue Dieu et même tous les peuples peuvent le louer (PS 67/3,5).  Mais seuls peuvent adorer (vraiment et comme il le veut, en tant que vrais adorateurs) ceux qui réellement le connaissent, qui sont proches de lui, ceux qui ont fait une rencontre personnelle et réelle avec le Seigneur, c’est-à-dire ceux dans le cœur desquels habite le Seigneur.

Aussi, un véritable adorateur, au-delà du fait de connaître au sujet de Dieu, doit connaître Dieu.

En effet, beaucoup peuvent louer et glorifier Dieu à cause des choses qu’il fait sans que nécessairement ils aient eu une rencontre directe ou personnelle avec lui. Ils le font seulement à cause du fait de voir les œuvres merveilleuses de Dieu. Dans la Parole de Dieu, plusieurs exemples nous sont fournis. Voyons-en un :

Jésus, s’étant arrêté, ordonna qu’on le lui amène ; et, quand il se fut approché, il lui demanda : Que veux-tu que je te fasse ? Il répondit : Seigneur, que je recouvre la vue. Jésus lui dit : Recouvre la vue ; ta foi t’a sauvé. A l’instant il recouvra la vue, et suivit Jésus, en glorifiant Dieu. Tout le peuple, voyant cela, loua Dieu.” (Luc 18/40-43)

Il est mentionné aussi à plusieurs reprises dans la Bible comment la création aussi lui rend gloire et louange, à savoir les animaux, les plantes et les choses inanimées de la nature et de l’univers, qui n’ont pas d’âme, d’esprit ou de compréhension, elles rendent gloire et louange à Dieu.

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Une partie du Psaume 148 traite d’une exhortation à la création, pour qu’elle loue l’Eternel :

Louez-le, soleil et lune ! Louez-le, vous toutes, étoiles lumineuses ! Louez-le, cieux des cieux, Et vous, eaux qui êtes au-dessus des cieux !… Louez l’Eternel du bas de la terre, Monstres marins, et vous tous, abîmes, Feu et grêle, neige et brouillards, Vents impétueux, qui exécutez ses ordres, Montagnes et toutes les collines, Arbres fruitiers et tous les cèdres, Animaux et tout le bétail, Reptiles et oiseaux ailés…Qu’ils louent le nom de l’Eternel ! Car son nom seul est élevé ; Sa majesté est au-dessus de la terre et des cieux.” (Ps 148/3-4, 7-10,13)

Toutes ces choses peuvent rendre gloire à Dieu, leur Créateur mais le texte ne nous dit pas ni aucun autre que les animaux, les arbres, les montagnes, la neige, le vent, la lune ou les étoiles adorent Dieu. Il nous est dit seulement qu’elles louent Dieu.

En effet, l’adoration à Dieu implique d’abord la compréhension rationnelle et personnelle de Qui Il est. Cela va plus loin que rendre gloire intrinsèquement à Dieu en tant qu’œuvre de sa création, cela va au-delà de le louer pour les choses que nous le voyons faire. Nous l’adorons pour Qui Il est, pour ce qu’il représente pour nous. Et à cause de cela, nous devons avoir une rencontre avec le Seigneur, nous approcher de sa divinité. Pour pouvoir être ses adorateurs, Dieu doit devenir d’abord une réalité dans notre vie. Sinon, nous serions comme les Samaritains, nous adorerions ce que nous ne connaissons pas.

C’est pour cela que dans ce texte de la Samaritaine, Jésus ne nous parle pas des vrais louangeurs, mais des vrais adorateurs. Ceux qui louent, il peut y en avoir beaucoup. Mais des adorateurs, ils ne le sont pas tous. Plus encore, il nous est dit que le Père est à la recherche de vrais adorateurs car il a déjà toute la création qui le loue, c’est pour cela qu’il recherche de vrais adorateurs.

Les yeux de Dieu parcourent la terre, recherchant ces vrais adorateurs qu’il aspire à rencontrer. Et le fait que cela soit mentionné fait penser que ce n’est pas quelque chose de banal mais plutôt comme un joyau précieux. Quand le Seigneur rencontre un vrai adorateur, cela lui saute aux yeux et attire son attention, il fixe ses yeux sur le véritable adorateur qu’il rencontre et s’arrête pour établir la communion avec cette personne.

C’est précisément ce que Dieu veut : trouver de vrais adorateurs, pas parce qu’il a besoin de recevoir l’adoration mais parce qu’il aspire à établir une communion proche avec l’homme et un véritable adorateur est quelqu’un qui vivra en communion avec son Dieu, qu’il connaît et qui connaît qui il adore en esprit et en vérité.

C’est aussi pour cela qu’il nous est dit que “Dieu est esprit et qu’il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité”.

Evidemment, un adorateur doit être d’abord quelqu’un qui loue. Quiconque n’apprend pas d’abord à louer Dieu saura encore moins l’adorer. C’est pour cette raison qu’il y a des gens qui louent mais en revanche, ils ne sont pas tous des adorateurs. Les véritables adorateurs sont difficiles à trouver.

A ce sujet, il est intéressant d’observer ici que le fait qu’il soit question de vrais adorateurs signifie qu’il il y a aussi des adorateurs qui ne sont pas véritables.   Je pense à ces gens qui désirent adorer Dieu mais ne savent pas comment le faire mais qui, en fait, ne le connaissent pas encore.

Ainsi, s’agissant des samaritains, le Seigneur dit à la femme près du puits que ceux-ci, y compris elle, adorent ce qu’ils ne connaissent pas (v 22). Même s’il leur dit qu’ils adorent, il ne semble pas faire allusion à une véritable adoration dans la proximité de Dieu, mais seulement qu’ils rendaient à Dieu un culte par le simple fait qu’ils croyaient en lui. Ils savaient qu’il y avait un Dieu mais ils ne le connaissaient pas réellement.

Le terme adorer, dans son sens païen, fait aussi référence à reconnaître et considérer un être (ou des êtres) comme déité (ou divinités) ; en croyant en (celui ou ceux-ci) et en leur rendant un culte. Même les peuples païens et idolâtres ont eu et ont des faux dieux qu’ils adorent et à qui ils rendent un culte. Même le peuple d’Israël est tombé dans le péché de l’idolâtrie, en adorant et en rendant un culte à des faux dieux :

Je prononcerai mes jugements contre eux, à cause de toute leur méchanceté, parce qu’ils m’ont abandonné et ont offert de l’encens à d’autres dieux, et parce qu’ils se sont prosternés devant l’ouvrage de leurs mains.” (Jér 1/16)

Et l’on répondra : Parce qu’ils ont abandonné L’alliance de l’Eternel, leur Dieu, Parce qu’ils se sont prosternés devant d’autres dieux et les ont servis.” (Jér 22/9)

Dans ce cas, le terme adorer n’implique pas une expérience d’adoration dans le beau sens spirituel de la Parole, comme quand nous rendons un culte à Dieu mais uniquement le fait de rendre un culte à quelque chose ou à quelqu’un.

III – “Il faut” adorer en esprit et en vérité, il n’y a pas d’autre façon.

 Un autre aspect important que nous indique le Seigneur Jésus, c’est que les vrais adorateurs adorent Dieu “en esprit et en vérité” (v 23). Et pourquoi doit-il en être ainsi ?

Le Seigneur explique ensuite au verset 24 que “Dieu est Esprit”. C’est précisément pour cette raison. Parce que Dieu est Esprit, il faut qu’on l’adore en esprit et en vérité car il doit y avoir une communication, un lien entre notre esprit et l’Esprit de Dieu.

Nous ne pouvons y parvenir à travers notre chair, notre homme naturel. Pour adorer en esprit, nous devons nous élever dans la sphère spirituelle de Dieu.

Le terme “il faut” indique la nécessité. Il indique la forme, il n’y a pas d’autre façon de vraiment adorer. Aussi, comme nous l’avons vu, la création, les animaux, etc. ne peuvent adorer Dieu d’abord parce qu’ils ne le connaissent pas et également parce qu’ils n’ont pas d’esprit. Comme l’adoration doit se faire “en esprit”, ils n’ont pas le privilège de pouvoir le faire. Ils peuvent juste louer Dieu.

L’adoration réelle ou vraie a lieu à un niveau au-dessus du naturel, notamment au niveau de l’esprit. L’adoration est une rencontre d’esprit à Esprit, c’est-à-dire de notre esprit humain avec l’Esprit Divin. C’est un état de communion intime entre le Seigneur et nous. Cela ne signifie pas nécessairement que nous devions tomber dans une sorte d’extase hallucinante ou que notre esprit ait à sortir de notre corps pour pouvoir dire que nous adorons en esprit.

Ce que signifie l’adoration en esprit est que, même en étant dans notre corps, dans notre chair humaine, cette sphère naturelle des choses passe au second plan et nous nous élevons au-dessus de tout cela, vers la sphère spirituelle de Dieu.

Dans l’adoration, la seule chose qui nous intéresse est Qui est Dieu. Qui je suis, mon environnement, mes problèmes, mes émotions ne m’intéressent plus, pas même ce que disent nos lèvres. Même au sein du silence et du calme, mon esprit peut être connecté avec Dieu et va dire de belles choses, dans un état de contemplation de sa personne.

Ainsi, ce qui est vraiment important dans l’adoration, c’est ce que mon esprit dit à l’Esprit de Dieu car c’est une communication authentique d’esprit à l’Esprit.

Si mes lèvres disent avec sincérité, authenticité et “en vérité” ce qu’il y a dans mon esprit, alors tout va bien mais si nous disons à Dieu des paroles sans fond, seulement pour les dire, je ne pense pas qu’il y ait de la vérité en elles.

Le Seigneur dit : Quand ce peuple s’approche de moi, Il m’honore de la bouche et des lèvres ; Mais son cœur est éloigné de moi, Et la crainte qu’il a de moi N’est qu’un précepte de tradition humaine.” (Es 29/13)

C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes.” (Matthieu 15/9)

Adoration “en vérité” signifie aussi pas en paroles seulement mais de fait, avec des actes, avec la vie.

Car j’aime la piété et non les sacrifices, Et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.” (Osée 6/6)

La vraie adoration ne se détermine pas non plus par les paroles en elles-mêmes.  Nous pouvons dire avec nos lèvres “je t’adore” et pourtant être en train de penser à autre chose, avec notre pensée loin d’ici. Nous pouvons encore en être à la sphère de la louange mais pas encore au stade de l’adoration.

Si l’adoration ne se détermine pas par les paroles en elles-mêmes, encore moins par les chants que nous entonnons. Je m’explique.

Parfois, il y a une ligne de division quant à la louange et à l’adoration de l’assemblée, une sorte de délimitation qui implique une continuité entre l’une et l’autre.

Certaines personnes dans les assemblées et même les chantres eux-mêmes ont tendance à lier les chants rythmés ou qui bougent à la louange à Dieu et les chants plus doux ou lents avec l’adoration. Il y a ceux qui pensent que par le seul fait de passer des chants rapides aux chants lents, fermer les yeux et lever les mains, automatiquement on entre dans la sphère de l’adoration de Dieu. Il n’en est pas ainsi.

Lors des réunions de l’assemblée, la majorité des gens, durant tout le temps que durent les chants et la musique en restent au plan de la louange à Dieu. Il est bon et grandiose de louer le Seigneur, bien entendu. Mais il y a un autre niveau plus haut et plus beau qu’on peut perdre. Et finalement peu de gens vont avoir l’occasion de passer à ce stade de l’adoration en esprit et en vérité.

D’une certaine manière, atteindre ce point de l’adoration avec l’assemblée débouche sur tout un processus. C’est déterminé par la disposition personnelle de chacun des présents. Quiconque se dispose vraiment, sincèrement, dans l’intégrité et la droiture de cœur à profiter au maximum de l’opportunité de lui rendre un culte de louange et d’adoration va certainement le rencontrer.

Même les habitants de la ville de Samarie ont demandé au seigneur qu’il ne parte pas de chez eux et il a accepté. Initialement, Jésus se dirigeait de Judée vers la Galilée. Samarie était sur son chemin (Jean 4/3-4).

Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d’eux. Et il resta là deux jours.

Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole ; et ils disaient à la femme : Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée” (Jean 4/40-43)

Le Seigneur dit qu’il accueille celui qui vient à lui.

Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur.” (Jér 29/13)

ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi” (Jean 6/37)

J’aime ceux qui m’aiment, Et ceux qui me cherchent me trouvent.” (Prov 8/37)

Or sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent.” (Héb 11/6)

Outre la disposition de cœur, l’attitude et la sagesse de celui qui dirige le temps de louange et d’adoration jouent un rôle important/ Cette personne doit savoir suivre la direction de Dieu, être sensible à ce qu’il veut et agir avec sagesse, en jugeant intelligemment de ce qu’il faut développer, étape après étape, pour un ministère efficace. En résumé, il faut connaître le sens du mot “diriger” le temps de louange et d’adoration : savoir comment se diriger soi-même et le peuple mais avant tout, il faut être soi-même un vrai adorateur.

Par ailleurs, ce ne sont pas même les paroles des chants qui déterminent si nous louons ou adorons. Généralement, presque tous les chants ont tendance à être sélectionnés ou employés, soit pour un temps de louange ou un temps d’adoration, principalement sur la base de la musique plus que par les paroles. D’ailleurs, il existe beaucoup de chants lents mais dont les paroles ne traduisent pas l’adoration expresse à Dieu mais plutôt la louange.

IV – L’adoration est à niveau individuel (entre Dieu et la personne)

Notre récit nous enseigne que l’&adoration à Dieu est quelque chose de personnelle. Le fait que ce soit “en esprit” donne une connotation d’individualité à l’adoration, c’est-à-dire qu’elle devient quelque chose de personnel, de particulier, de privé entre quelqu’un et Dieu.

Quelque chose qui est beau dans l’adoration est qu’il s’agit de quelque chose d’intime et de personnel entre Dieu et nous que seul lui et la personne peuvent comprendre sur le moment car elle se vit d’esprit à Esprit. Comme Dieu est esprit, ce n’est que comme cela que nous le rencontrons dans une vraie adoration : en communiquant “en esprit et en vérité”.

Etant donné cette exclusivité de l’adoration (dans le sens de l’intimité Dieu-homme), mon expérience d’adoration ne va pas nécessairement être la même que celui qui est à côté de moi.

Quand l’église rend gloire à Dieu au sein de la musique de l’assemblée, nous pouvons le louer collectivement comme un tout et nous pouvons même l’adorer tous ensemble. En un sens, l’adoration qu’individuellement chacun de nous élève vers Dieu s’unit à celle des autres mais sachant toujours qu’au fond, notre adoration du Seigneur est quelque chose de personnel et que personne ne peut rendre un culte à Dieu à la place de l’autre. C’est quelque chose que chacun offre de façon volontaire et personnelle à Dieu.

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La vraie adoration a toujours lieu au niveau personnel et individuel avec dieu. Nous pouvons tous le faire ensemble, d’un même sentiment, unanimement mais même ainsi, cela ne cesse pas d’être quelque chose d’individuel et d’unique entre Dieu et chacun. Le Seigneur peut accueillir l’adoration de tous à la fois mais au sein de la multitude, il s’arrête pour écourter la voix de mon cœur et de mon esprit, il la reçoit, prend de façon personnelle cette adoration que je lui offre.

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La vraie adoration est indépendante de celui qui est à ma droite ou à ma gauche, de qui dirige les chants, de si je suis parmi des milliers de personnes ou si je suis seul, dans ma chambre haute. Ce sera toujours quelque chose d’individuel et d’intime, venant d’une relation personnelle entre Dieu et moi.

Aussi, quiconque n’a pas appris à adorer Dieu seul, dans son culte personnel, aura des difficultés à le faire dans l’assemblée mais on peut aussi apprendre des autres et être guidés.

C’est à cela que servent les conducteurs : conduire le peuple dans la présence de Dieu par le moyen de la louange et de l’adoration.