«  Peu après, la fille du pharaon descendit sur les bords du fleuve pour s’y baigner. Ses suivantes se promenaient sur la berge le long du Nil. Elle aperçut la corbeille au milieu des joncs et la fit chercher par sa servante. Elle l’ouvrit et vit l’enfant : c’était un petit garçon qui pleurait. Elle eut pitié de lui et dit : – C’est un petit des Hébreux. Alors la sœur de l’enfant s’approcha et dit à la fille du pharaon : – Veux-tu que j’aille te chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux pour qu’elle t’allaite ce petit garçon ? La fille du pharaon lui dit : – Va ! La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant. La princesse lui dit : – Emmène cet enfant-là et allaite-le pour moi. Je te paierai un salaire. La femme prit donc l’enfant et l’allaita. Quand il eut grandi, elle l’amena à la fille du pharaon. Celle-ci l’adopta comme son fils et lui donna le nom de Moïse (Sorti), car, dit-elle, je l’ai sauvé de l’eau  ».Exode 2:5-10

Actes 7:20-22 «  A cette époque, naquit Moïse, qui était beau devant Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père ; et quand il fut abandonné, la fille du Pharaon le recueillit et l’éleva comme son fils. Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres  ».

Hébreux 11:23-28 «  C’est par la foi que Moïse, à sa naissance, fut caché pendant trois mois par ses parents ; car ils virent que l’enfant était beau et ne craignirent pas l’édit du roi. C’est par la foi que, devenu grand, Moïse refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que d’avoir la jouissance éphémère du péché. Il estimait en effet que l’opprobre du Christ était une plus grande richesse que les trésors de l’Égypte ; car il regardait plus loin, vers la récompense. C’est par la foi qu’il quitta l’Égypte sans craindre la fureur du roi ; car il tint ferme, comme voyant celui qui est invisible. C’est par la foi qu’il fit la Pâque et l’aspersion du sang, afin que l’exterminateur ne touche pas aux premiers nés des Israélites.  »

Il y avait peu de juifs en Egypte qui vivaient dans le district du palais royal. Le roi les destinait dans leur majorité à la région de Goshen ou de Pithom et Ramsès.

Cela explique qu’l ne soit jamais arrivé qu’une famille hébreu désespérée ait eu comme recours de déposer un enfant sur le fleuve, pour qu’il soit sauvé. En tout cas, pour la fille de Pharaon, cela a dû être un spectacle surprenant que de trouver un enfant caché parmi les joncs alors qu’elle allait se baigner dans le fleuve.

Ce que nous voulons souligner est qu’il devait vraiment y avoir un cœur humain battant dans la poitrine de cette princesse païenne. Il devait y avoir au fond de celle-ci, malgré la pompe et le formalisme de sa vie dans le milieu royal, la véritable impulsion qui fait agir les mères lorsqu’elles serrent sur leur poitrine leur bébé.

L’imagination de la princesse allait être captivée par le petit, tout rose et tout chaud, vivant, pleurant probablement parmi les joncs. La princesse savait que son père avait ordonné que tous les enfants mâles des hébreux devaient être noyés. Et à cause de cela, il est très probable qu’elle se soit rendue compte jusqu’à un certain point que, dans cet étrange évènement, il y avait un appât et que l’enfant qu’on voulait laisser là appartenait à ceux qui devaient périr sur ordre de son propre père.

Or, la princesse ne tient pas compte de la menace consistant à faire face au froncement de sourcil de son père, qui pouvait lui demander de rendre compte de ses actes. Elle donne cours à son impulsion d’amour maternel et accepte l’offre de Marie, faisant la sourde oreille à la suspicion qui s’ajoute au fait que la fillette irait chercher “une nourrice parmi les hébreux pour sevrer l’enfant”.

La princesse est d’accord et l’ordre qu’elle donne est le sceau de la protection pour l’enfant. La « nourrice » a ordre de rendre l’enfant une fois sevré. Et c’est ce qui arriva. « Quand l’enfant grandit, elle le ramena à la fille de Pharaon, qui le prit pour fils et elle lui donne le nom de Moïse”.

Cette série d’actions d’une princesse païenne peut être cause de honte pour plus d’une mère chrétienne de nos jours. Quand l’enfant vient de naître, il semble que l’amour leur sort par tous les pores, elles sont folles de joie, mais aussitôt qu’arrivent les responsabilités et que le soin donné au bébé limite leur liberté de mouvements, il y a plus de négligence dans l’éducation. Cette conduite n’est pas digne. Tout l’affect et l’illusion initiale s’émousse et disparaît face à la réalité sévère.

En comparaison, la conduite de cette princesse égyptienne démontre sa grandeur. C’était une femme païenne, mais sa conduite envers Moïse illustre qu’elle était au-dessus de ce que nous attendons des païens. Pour elle, l’enfant Moise n’était pas un objet d’illusion et de jeu. Elle a pris soin de faire des plans pour son bien-être sans mesurer les risques personnels qu’impliquaient sa décision.